Obligation du port du masque en entreprise : "clarifier les choses faciliterait la mise en place", explique un patron

La mesure rendue obligatoire ce mardi est appliquée au sein de l'entreprise Ageparfi à Saint-Denis. Avec un coût financier important pour la société.
 

Le non-port du masque pourrait être considéré comme une faute du salarié.
Le non-port du masque pourrait être considéré comme une faute du salarié. © France 3 Paris Ile-de-France
Tous masqués, même au travail. Depuis ce mardi 1er septembre, les entreprises ont l’obligation de faire porter le masque à leurs salariés dans "tous les espaces clos et partagés". Une décision prise par le ministère de la Santé qui a envoyé le 31 août un protocole sanitaire aux syndicats et sociétés. À Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), les 1 100 employés du groupe Ageparfi, spécialisé dans les services de sécurité et de nettoyage, se plient donc aux nouvelles mesures en œuvre.

"Le monde de l’entreprise fait partie du monde tout court. Les gens y passent le plus clair de leur temps. Il faut qu’il y ait une discipline dans les entreprises", partage Sébastien Zecca, directeur général de la structure. Dès la première vague de l’épidémie de coronavirus, sa société a procédé à des réajustements, en mettant en place plusieurs protocoles sanitaires et en transmettant des masques et du gel hydro-alcoolique à ses collaborateurs. Le télétravail a également été facilité pour les personnels à risque ou se déplaçant en transports en commun.

4 000 à 5 000 de coûts

"Aujourd’hui, on renforce tout ça", détaille le chef d’entreprise. La société fournit alors à chacun de ses employés quatre masques en tissu par mois. "On part du principe qu’il en faut toujours de secours. On fait aussi des masques en papier pour les gens qui font des interventions sanitaires", ajoute Sébastien Zecca. En plus des masques, Ageparfi transmet des gants et du gel hydro-alcoolique à ses salariés. "On a doté tous nos sites de gel, et les personnes qui se déplacent et font des rondes ont reçu des flacons individualisés". Pour une dépense totale de 4 000 à 5 000 euros mensuel.
Du gel hydro-alcoolique est disponible dans l'ensemble de la société.
Du gel hydro-alcoolique est disponible dans l'ensemble de la société. © France 3 Paris-Ile-de-France
Une obligation, car le gouvernement a fait du masque un élément de sécurité pour les employés. Les sociétés ont donc l’obligation d’en offrir à leurs collaborateurs. "Les mesures prises en matière de santé et de sécurité au travail ne doivent entraîner aucune charge financière pour les travailleurs", indique l’article L4122-2 du Code du Travail. Pour rappel, tout salarié ne portant pas son masque pourrait être sanctionné par son employeur. Le ministère du Travail a d’ailleurs prévu d’organiser des visites de contrôle au sein des entreprises.

Dans les locaux du groupe, le port du masque semble en tout cas respecté. Même s’il arrive que certains salariés une fois installés seuls à leurs bureaux, se relâchent et découvrent leurs bouches. "Il y a une contrainte, il faut changer les habitudes de chacun. Ce n’est pas évident", estime Sébastien Zecca. Pour le chef d’entreprise, les collaborateurs doivent encore prendre le réflexe de porter leurs masques au bureau : "À l’extérieur, en contact avec le public, ils le comprennent. Dans leurs bureaux, ils ont plus de mal. On a une entreprise familiale. Quand on vient au bureau, on est un peu comme à la maison, et à la maison, on ne porte pas le masque. Donc ça rend la chose un peu plus complexe".

Il va falloir qu’on borde et qu’on puisse nous permettre en tant que chefs d’entreprise de clarifier nos demandes auprès de nos collaborateurs

Sébastien Zecca, directeur général d'Ageparfi


D’autant plus que l’obligation du port du masque comprend quelques dérogations en fonction du département où se situe l’entreprise, et des conditions dans lesquelles travaillent les salariés. "Clarifier les choses faciliterait la mise en place. C’est lié à l’urgence, mais il va falloir qu’on borde et qu’on puisse nous permettre en tant que chefs d’entreprise de clarifier nos demandes auprès de nos collaborateurs", plaide Sebastien Zecca.

Roulement des planning

Quant au télétravail, s’il est "recommandé" par le ministère de la Santé, il a été mis en place au sein d'Ageparfi. "Il y a un roulement journalier. On travaille sur des cycles. Il y a des jours en télétravail, et des jours au bureau". Pour continuer à accueillir ses employés, la société a alors optimisé ses locaux, pour qu’il y ait moins de personnes dans les open-space.
La société a mis en place des roulements pour que moins de salariés soient présents dans les bureaux.
La société a mis en place des roulements pour que moins de salariés soient présents dans les bureaux. © France 3 Paris-Ile-de-France
Une manière de maintenir le lien social entre les salariés. "Il y aussi la volonté de continuité dans la société. En venant, les gens gardent cette vision d’ensemble, avec d’autres services et problématiques que leurs métiers. Et il y a aussi un vrai risque psychologique. On a eu beaucoup de personnes qui ont demandé à revenir vite après le confinement".

Pour aller plus loin dans le respect des consignes sanitaires, Ageparfi a commandé quatre plaques en plexiglas qui seront prochainement installées dans ses locaux. D’autre part, des visières ont été fournies aux personnels sur le terrain, en complément du port du masque.
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