Passage à l'heure d'hiver : les piétons et cyclistes victimes d'une hausse des accidents de la route

Chaque année, le changement d'heure et la baisse de la luminosité entraînent une hausse des accidents envers les piétons et les cyclistes. Un pic de 42 % est enregistré après ces week-ends lors de l'heure de pointe du soir.

Les piétons et les cyclistes sont plus victimes d'accidents au moment du passage à l'heure d'hiver. (Illustration)
Les piétons et les cyclistes sont plus victimes d'accidents au moment du passage à l'heure d'hiver. (Illustration) © Ludovic Marin / AFP
Cette année, le passage à l'heure d'hiver a lieu dans la nuit de ce samedi 24 au dimanche 25 octobre. Ainsi, il faudra reculer les montres d'une heure : à 3 heures, il sera 2 heures (soit une heure théorique de sommeil gagnée).

Ce changement d'heure a aussi pour conséquence d'avancer d'une heure la baisse de la luminosité entraînant une hausse des accidents impliquant des piétons et des cyclistes.

"Nous observons chaque année un pic d’accidentalité après le week-end du changement d’heure, jusqu’à +42 % d’accidents en plus pour les piétons sur la tranche de l’heure de pointe du soir (17h-19h) entre les mois d’octobre et novembre", explique Marie Gautier-Melleray, déléguée interministérielle à la sécurité routière.

La forte hausse de la pratique du vélo enregistrée ces derniers mois a aussi impliqué "une forte hausse de la mortalité des cyclistes. En septembre, 37 cyclistes ont été tués ce qui est le bilan le plus dramatique des 10 dernières années. Il ne faut pas oublier que 21 % des cyclistes tués ou blessés le sont la nuit", poursuit-elle.  

"C'est une prise de conscience dont on a besoin"

Un phénomène qu'observe aussi Alexis Frémeaux, président de l'association francilienne Mieux se Déplacer à Bicyclette (MDB) : "Les automobilistes sont surpris et voient tardivement les usagers. Cela n'empêche pas d'être bien éclairé, même sur les pistes cyclables. Le lampadaire éclaire la rue, pas les cyclistes."

"Les cyclistes non-éclairés n'ont pas conscience d'être aussi peu visibles. On a l'impression qu'on est vu parce qu'on voit. C'est une prise de conscience dont on a besoin aujourd'hui", constate-t-il.

Il préconise donc l'achat de lumières pour augmenter la visibilité des cyclistes. "Pour 10 à 20 euros, vous pouvez acheter des lumières déjà efficaces. Pour les cyclistes qui roulent sur des zones moins bien éclairées, ils peuvent se munir d'un gilet réfléchissant ou porter des vêtements clairs", avance M. Frémeaux.

Les cyclistes non-éclairés n'ont pas conscience d'être aussi peu visibles. On a l'impression qu'on est vu parce qu'on voit.

Alexis Frémeaux, président de MDB

 

Un changement d'heure contesté

Les deux changements d'heure chaque année sont contestés, notamment en raison de leurs effets sur les rythmes biologiques de certaines personnes.

Un changement d'heure qui concerne l'ensemble des pays européens depuis 1980 et mis en place à l'époque pour réaliser des économies d'énergie. La Commission européenne avait proposé sa suppression en 2019 mais le parlement a voté un report en 2019 puis en 2021 sans que l'on sache s'il le sera effectivement à cette date.

En France, une consultation en ligne organisée en février par la commission des Affaires européennes de l'Assemblée nationale avait reçu plus de deux millions de réponses, massivement (83,74%) en faveur de la fin du changement d'heure.

Les participants avaient choisi de rester toute l'année à l'heure d'été à 59%.
 
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