Transat Jacques Vabre#1 : le skipper francilien Fabrice Amedeo et Loïs Berrehar au départ de la Transat en double

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Fabrice Amedeo et son co-équiper Loïs Berrehar s’apprêtent à prendre le départ de cette transat en double qui relie Le Havre à la Martinique. Les 2 navigateurs nous racontent « leur » Jacques Vabre, ce qui les attend en mer, les anime et les pousse à larguer les amarres.

Ce dimanche à 13 heures 27, à la barre de Nexans-Art&Fenêtres, Fabrice Amedeo et le jeune Loïs Berrehar vont s’aligner sur la ligne de départ de la 15e édition de la Transat Jacques Vabre. Cap sur la Martinique pour les 158 concurrents.

Avant d'embarquer, les 2 skippers nous parlent de leur course à partir de 3 photos de leur choix.

5800 milles marin à parcourir à bord de l'Imoca Nexans-Art&Fenêtres

"Sur cette photo, le bateau est bien réglé ! Normal, les voiles sont réglées par Loïs !",  lance en plaisantant Fabrice Amedeo.

A bord de l’Imoca, Nexans-Art&Fenêtres, un voilier de 18 mètres, les deux navigateurs vont parcourir 5800 milles marins pour rejoindre Fort-de-France. Parmi les 79 bateaux engagés, 22 voiliers de cette catégorie vont s'affronter. Plus de 2 semaines de mer les attendent.

Côté météo, Fabrice Amedeo est plutôt confiant pour le départ. "On ne part pas au charbon comme cela a déjà été le cas sur les départs de Jacques Vabre, où l'on savait que l’on allait être accueilli par beaucoup de vent en sortie de Manche et dans l’entrée du golfe de Gascogne. Dimanche il y aura du vent, la mer sera un peu formée. De quoi faire un beau départ". 

Son co-équipier, Loïs Berrehar, lui s’apprête à effectuer sa première Transat Jacques Vabre. "On devrait faire une belle transat. Mais la route est longue. Il va falloir bien la tracer. Il ne s’agit pas uniquement d’aller vite mais d’aller au bon endroit ! Il va falloir se creuser les méninges !", affirme le jeune marin de 28 ans qui espère être dans le top 10.

Leur route : remonter la Manche pour virer une bouée à Etretat, le Golfe de Gascogne, les Alizés, la descente vers le Brésil puis la remontée vers les Antilles. Et quelques pièges, 2 passages du Pot-au-Noir, la zone de convergences intertropicales. Fabrice Amedeo qui en est à sa cinquième participation, s'attend à une course stratégique. "Nous allons avoir un anticyclone à gérer donc se sera davantage technique. Ce sera plus difficile pour les nerfs des marins que pour les bateaux" analyse le marin.

La sagesse et la fougue

Fabrice Amedeo

"Sur cette photo, on est tous les deux à la colonne de winch. Moi j’ai 43 ans et Loïs vingt-huit. Cette photo raconte notre complicité malgré notre différence d'âge", commente Fabrice.

Et de poursuivre, "Loïs, je l’ai rencontré quand il était très jeune car j’ai travaillé avec son père qui était le team manager d'un projet quand j’ai commencé la course au large. Je l'ai pas mal côtoyé quand il était gamin. Il venait parfois donner un coup de main sur le bateau. Il a également fait des convoyages retour. Je suis très content de partir avec lui. On allie mon expérience, ma sagesse et la fougue de la jeunesse", explique-t-il dans un éclat de rire !

"On est complémentaire", renchérit Loïs.  "D'un côté l’expérience de Fabrice sur les gros bateaux, dans son entreprise. De l'autre, la fougue de la jeunesse. Je suis plus régatier. J'ai peut-être tendance à penser qu’à la performance pure et c’est bien aussi de temps en temps de redescendre, de penser un peu plus au bateau qui peut être fragile. Sur ces bateaux, il y a une dimension technique. La sortie de route peut être rédhibitoire."

Sur la vie à bord, "aucune raison de se prendre la tête si ce n'est la bouffe !", sourit Loïs. "Sauf si on est loin derrière des bateaux moins rapides sur le papier. L'ambiance sera peut-être un peu moins bonne mais on arrivera à se mobiliser mais ça c’est comme sur tous les bateaux, la route est longue et il y aura des pièges !" temporise Fabrice.

Ces capteurs sont un peu ma raison d’être sur ce bateau

Fabrice Amedeo

"A bord du voilier un capteur de CO2, de salinité et de température de l’eau a été installé. Un autre filtrera les micro-plastiques. C’est le pilier citoyen de notre projet. On a des ambitions sportives mais aussi scientifiques : mesurer la pollution des océans" expose Fabrice.

"Sur notre route, nous allons traverser le gyre de l’Atlantique Nord. (Ndlr : Le gyre de l’Atlantique Nord est l’un des cinq gyres océaniques, grands tourbillons formés par les courants marins, où s'accumulent les plastiques). Nos données seront analysées par les scientifiques de l’Ifremer, l'Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer, l’Université de Bordeaux, l’IRD, Geomar et le Max Planck Institute. Ces informations et échantillons contribuent à mieux comprendre les impacts de la pollution et du réchauffement climatique sur les océans".

"J’aime la compétition, me dépasser sportivement mais surtout l’océan. Ses capteurs sont un peu ma raison d’être sur ce bateau. Cela donne beaucoup de sens à ma démarche de marin", assure le skipper.