Un premier cas de variole du singe détecté en Ile-de-France

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Écrit par Marc Taubert avec A. Joudi, franceinfo et AFP

Un homme âgé de 29 ans a été infecté par la variole du singe. Il est à l'isolement à son domicile. Cette maladie rare se guérit spontanément dans la plupart des cas.

Un premier cas suspect de variole du singe a été détecté ce jeudi en Ile-de-France selon la Direction générale de la santé (DGS). Il s'agit d'un homme de 29 ans sans antécédent de voyage dans un pays où circule le virus, ont précisé les autorités sanitaires. Dès la suspicion de son infection, cette personne a été prise en charge et en l'absence de gravité, est isolée à son domicile.

Le virus de la variole ou "orthopoxvirose simienne" est une maladie qui "se transmet principalement à l’être humain à partir de divers animaux sauvages, rongeurs ou primates par exemple, mais la propagation secondaire par transmission interhumaine est limitée", explique l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Mais seul un des cas répertorié en Grande-Bretagne montre une telle infection. Dans les autres cas enregistrés, la transmission semble avoir eu lieu d'homme à homme, via des relations sexuelles.

Ces infections se matérialisent, la plupart du temps, par de la fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires et des irruptions cutanées. La maladie n'est pas mortelle, elle guérit d'elle-même, mais elle peut nécessiter une hospitalisation.

"Sa létalité a été estimée à 1%. C'est une fourchette haute, elle est probablement inférieure", explique le Pr Éric Caumes, infectiologue à l'Hôtel-Dieu.

"Maladie peu connue"

"C'est une maladie peu connue, il y a beaucoup d'incertitudes", indique le Pr Éric Caumes. "Il faut probablement s'attendre à d'autres cas. Au Québec par exemple, le premier cas a été vu il y a une dizaine de jours, et ils en sont maintenant à 17 cas", ajoute-t-il.

Actuellement, selon ses chiffres, il existe 75 cas répartis dans plusieurs pays européens : Espagne, Portugal, Italie, Royaume-Uni, Suède, France.

"L'épidémie, avec le plus grand nombre de cas, c'est en République Démocratique du Congo en 2018 avec 4 000 cas", poursuit cet infectiologue.

Vaccin efficace

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué lundi s'intéresser de près au fait que certains des cas au Royaume-Uni semblent avoir été transmis au sein de la communauté homosexuelle. Mais "n'importe qui, quelle que soit son orientation sexuelle, peut propager la variole du singe", ont souligné aux États-Unis les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), principale agence sanitaire fédérale du pays.

"Une des inquiétudes, c'est par rapport à l'Angleterre où, semble-t-il, c'était essentiellement des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes ou bisexuels. C'est aussi une maladie qui peut se transmettre par gouttelettes, par voie respiratoire, mais dans un moindre niveau. C'est en théorie beaucoup moins contagieux que le Covid-19 car les gouttelettes ne sont pas de transmission air et restent en suspension", détaille le Dr Benjamin Davido, infectiologue à l'Hôpital Raymond-Poincaré de Garches.

Une bonne nouvelle malgré tout, il existe un vaccin contre la variole, (efficace à 85%) et qui protège totalement des formes graves.