Harcèlement de rue à La Chapelle/Pajol : le point sur la polémique

Le 18 mai, dans un article du Parisien, des femmes de ce quartier du 18ème arrondissement ont raconté subir insultes et harcèlement de la part des hommes. Une pétition est lancée alors que d'autres voix dénoncent une manipulation raciste. Retour en quatre épisodes sur cette controverse...

La rue Pajol, dans le 18e arrondissement de Paris (GOOGLE STREET VIEW)
La rue Pajol, dans le 18e arrondissement de Paris (GOOGLE STREET VIEW) © (GOOGLE STREET VIEW)

#1 Un article du Parisien sur le harcèlement des femmes 

La polémique est partie d'un article du Parisien publié le 18 mai. Dans celui-ci, des riveraines du quartier Chapelle-Pajol racontent qu'elles "ne peuvent plus sortir seules, porter une jupe ou un pantalon trop près du corps sans recevoir une bordée d'injures". L'une d'elle explique que "le simple fait de circuler est devenu problématique. Le café, en bas de chez moi, un bistrot autrefois sympa, s'est transformé en repaire exclusivement masculin et en permanence bondé :  j’ai droit à mon lot de remarques lorsque je passe devant, d’autant plus qu’ils boivent énormément".
Les riveraines dénoncenun changement de leur quartier dû à des problèmes de trafic de cigarettes et de drogue et de vente à la sauvette.

#2 Une pétition en ligne "les femmes, espèce en voie de disparition"

Dans l'article du Parisien, les femmes interrogées annoncent avoir lancé une pétition intitulée "La Chapelle & Pajol : Les femmes, espèce en voie de disparition au coeur de Paris". Dans cette pétition, revendiquée apolitique et soutenue par les associations SOS La Chapelle et Demain La Chapelle, elles demandent aux autorités de renforcer le nombre et les moyens des policiers affectés à ce secteur. A 17 heures, samedi, la pétition recueillait 11.700 signatures. 

#3 La mairie de Paris promet un plan d'actions

La situation pousse la mairie de Paris à une rapide réaction. Dans un communiqué publié vendredi, la Ville de Paris et la Préfecture de Police affirme avoir "identifié cette problématique depuis plusieurs semaines et déploient un dispositif dédié pour sanctionner les auteurs de ces actes et permettre au plus vite un retour à la normale".

A nos confrères de Franceinfo, le maire PS du 18ème arrondissement de Paris, Eric Lejoindre, reconnaît des "difficultés dans le secteur autour du métro de La Chapelle".

#4 Un rassemblement et une contre-manifestation

Vendredi à 15 heures, Babeth de Rozières, conseillère régionale Les Républicains, mais surtout candidate aux législatives dans cette circonscription de Paris, organise un rassemblement au métro La Chapelle pour "défendre la liberté de chacun de vivre et circuler librement dans nos quartiers". La présidente de région Valérie Pécresse se joint à la manifestation. 

Babeth de Rozières et Valérie Pécresse lors du rassemblement contre le harcèlement de rue le 19 mai 2017 à La Chapelle.
Babeth de Rozières et Valérie Pécresse lors du rassemblement contre le harcèlement de rue le 19 mai 2017 à La Chapelle. © Thomas Padilla/MAXPPP

Face à ce rassemblement, une contre-manifestation s'organise. Ces contre-manifestants, pour certains militants engagés auprès des migrants, dénoncent la récupération politique et une manipulation raciste.

Une contre-manifestante brandit une pancarte "féminisme n'est pas racisme"
Une contre-manifestante brandit une pancarte "féminisme n'est pas racisme" © Thomas Padilla/MAXPPP

► VOIR le reportage (F. Malverde/Y. Dewulf)

durée de la vidéo: 01 min 28
Harcelement de rue quartier Pajol La Chapelle

 

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