Jean-Pierre Mocky au cinéma Le Brady en 2001 : « Dire la vérité aujourd’hui, c’est de la provocation »

Jean-Pierre Mocky, en 2001. / © France 3 Paris IDF
Jean-Pierre Mocky, en 2001. / © France 3 Paris IDF

Après la mort de Jean-Pierre Mocky jeudi à Paris, il est temps de rembobiner l’immense carrière du cinéaste, installé dans la capitale depuis ses 18 ans. Retour en 2001 où nous l’avions rencontré au Brady, à l’époque où le réalisateur possédait encore le cinéma.

Par PDB

C’était l’un des artistes les plus indépendants du cinéma français. Parti jeudi à l’âge de 90 ans (sa date de naissance est contestée, 1929 étant l’année retenue par sa famille), Jean-Pierre Mocky laissera l’image d’une « machine à film » pour le cinéma français et parisien.

En novembre 2001, le réalisateur nous avait conviés au Brady, boulevard de Strasbourg dans le 10e arrondissement, à l’occasion de la publication de son autobiographie M Le Mocky.

Un reportage de Jean-Noël Mirande et Laurent Beaufils (diffusé le 12 novembre 2001) ►
L’artiste, réputé pour sa liberté de ton et son caractère de râleur, commentait alors :

« Dire la vérité aujourd’hui, c’est de la provocation. Vous voyez une femme qui est mal maquillée, vous lui dites : "Tu es mal maquillée", c’est de la provocation. En réalité, c’est une constatation pour l’aider. La provocation chez moi, c’est de l’aide, si vous voulez, que je veux apporter aux gens. Disons que je suis altruiste. Je voudrais que les gens comprennent qu’on se fait baiser par tout. »

Mocky au Brady, 10 ans avant la vente du cinéma

A l’époque, Jean-Pierre Mocky – auteur d’une soixantaine de films au cours de sa carrière – en était alors à 44 longs métrages. Il était également propriétaire de deux cinémas dans la capitale, dont le Brady, qu’il avait acheté en 1994 avant de le revendre en 2011.

« Je ne suis pas riche, explique par ailleurs le cinéaste, répondant aux nombreuses rumeurs qui courraient autour de sa personne. Je suis riche de mes films, mais quand mes films ne sont pas utilisés, achetés, je suis au chômage. J’ai mes bobines dans mon garage. »

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