JO 2024 : "Une ou deux médailles françaises en skate, ça serait un bel aboutissement"

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Nouveaux skateparks, "explosion" du nombre de licenciés… Alors que le skateboard fera son retour à Paris en 2024 après Tokyo l’an dernier, quels effets ont les JO sur la pratique ? Entretien avec Greg Poissonnier, de la Commission Skateboard.

Alors qu’une cérémonie en présence de Tony Estanguet a été organisée ce jeudi pour inaugurer le nouvel habillage du skatepark de Pontoise (Val-d'Oise), repeint aux couleurs des Jeux de 2024, comment se profilent les épreuves olympiques dans la capitale ?

Pour les JO de Paris, les compétitions auront lieu sur la place de la Concorde. "C’est un lieu d'exception. On est au bout des Champs-Elysées, avec l'obélisque et le jardin des Tuileries, c’est magnifique. Et j’espère qu’il y aura une bonne ambiance", explique Greg Poissonnier, responsable communication pour la Commission Skateboard de la Fédération Française de Roller et Skateboard (FFRS).

A noter que les skateurs ne seront pas seuls à la Concorde : les épreuves de basket 3X3, de BMX freestyle et de break dance y prendront également place. "On y a déjà vécu des journées olympiques et plusieurs événements, poursuit Greg Poissonnier. J’espère que ça sera une belle fête. Et, surtout, une ou deux médailles françaises en skate, ça serait un bel aboutissement. On est passé tellement près à Tokyo."

Le bilan des derniers Jeux est "très positif", juge-t-il d’ailleurs. Pour rappel, la discipline est représentée par deux épreuves aux JO : le street (basé sur du mobilier urbain, avec des escaliers, des murets et des répliques de bancs) et le park (la compétition de "bowl", sur rampe, plus aérienne). "J’étais là-bas, raconte Greg Poissonnier, qui a commenté le skate pour France Télévisions. Il n’y avait pas de public avec le Covid, c'était particulier, mais c'était vraiment extraordinaire. Très honnêtement, le seul petit point négatif, c’est que le spectateur lambda n’a pas forcément bien compris certains aspects du format pour l’épreuve de street. Malgré un côté stratégique intéressant, je peux comprendre que pour les non-initiés, ça pouvait être un peu barbant."

"Mais ce que je retiens, c’est que le skate a su capter l’attention tout en restant lui-même. Et beaucoup de caméras étaient braquées sur la discipline. Les skateuses qui ont aidé à réconforter la Japonaise Misugu Okamoto après sa chute en finale ont eu le prix du fair-play. Ça sentait le skate", se réjouit-il.

Un "effet olympique" avec des skateparks plus ambitieux

"A mon avis la superficie des skateparks a considérablement augmenté depuis les JO, avec pas mal de projets ambitieux", poursuit le responsable communication de la Commission Skateboard. Parmi les parks les plus importants en Île-de-France, Greg Poissonnier cite d’abord celui de Chelles (Seine-et-Marne) qui accueille régulièrement les pros français, puis celui de Villiers-sur-Orge (Essonne) et enfin l’EGP 18 à Paris.

"Mais son design n’est pas satisfaisant, déplore-t-il. Et au-delà de ces skateparks, il n’y a pas grand-chose en termes de grosses structures, ça manque. Il y a bien des aménagements à Bastille, République et Jemmapes sur les quais, mais c’est tout petit."

"Mais aujourd'hui, il y a clairement un effet olympique, souligne-t-il. Fontainebleau va se munir d’un park aux normes internationales, prêt début 2024 si tout va bien. Il y a aussi un projet à Levallois-Perret aussi, et certainement d’autres. Aujourd'hui quand une municipalité ou une agglomération décide de créer un skatepark, on y voit plus clair pour organiser des compétitions. Et c’est de la bonne publicité pour les villes."

Un nombre de licenciés qui a "quasi doublé" en un an

Greg Poissonnier voit aussi un "effet olympique" pour la Fédération française de roller et skateboard (FFRS) : "En skate, on est passé de 3700 licenciés l’an dernier à plus de 6200 aujourd’hui. On a quasi doublé. Il y a à la fois plus d’enfants et des personnes plus âgées qui demandent un accompagnement. Et même avant, on est la seule fédération à avoir progressé pendant la crise sanitaire. Ça explose alors que culturellement et historiquement, ça n’est pas associé à la pratique. Beaucoup de skateurs assidus ne fréquentent jamais les parks, on peut prendre sa board et s’amuser en sortant dans la rue." A noter que l’Île-de-France fait partie du "trio" des régions les plus licenciées, après la Nouvelle-Aquitaine et PACA.

Pour ce qui est des qualifications pour les JO de 2024, tout débutera en juin à Rome, en Italie. Deux autres événements sont prévus cette année avec, à l’automne, les Championnats du monde de park et ceux de street à Rio, au Brésil. 22 athlètes seront qualifiés par épreuve et par genre, avec une limite de trois skateurs par pays et par épreuve.

"Pour la préparation, il y aura probablement un mélange de stages, de regroupements et d’entraînements en conditions réelles, en fonction des opportunités, explique Greg Poissonnier. La semaine dernière, les juniors sont allés rouler ensemble en street dans Paris, avant le Far’n High, un contest à Villiers-sur-Orge. C’est important pour la vie de groupe, pour la cohésion. On aime bien dire que le skate est un sport individuel qui se pratique en équipe. Se soutenir et s’encourager, c'est super important : je ne connais personne qui a envie d'aller skater tout seul." Au sein du Team France, la skateuse parisienne Charlotte Hym fait partie des athlètes qui comptent bien participer aux Jeux dans la capitale.