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Lâché par son camp, Fillon s'accroche en s'appuyant sur la foule du Trocadéro

© Stéphane Fouquet
© Stéphane Fouquet

François Fillon a livré dimanche au Trocadéro, à Paris, un discours pugnace, mêlé de mea culpa et d'avertissements à la droite.

Par I.A. avec AFP

Sur cette place proche de la Tour Eiffel, où des dizaines de milliers de fidèles avaient convergé, drapeau tricolore à la main, le candidat de la droite a semblé s'accrocher, malgré les défections et appels au retrait en cascade sous l'impact de l'affaire des emplois présumés fictifs de sa femme Penelope et de deux de ses enfants.

Son discours d'une demi-heure, scandé dans la foule par des "Fillon, tiens bon" et émaillé de références au général de Gaulle, à Hugo, Voltaire ou Camus, a renvoyé son camp à ses responsabilités à la veille d'un comité politique LR et à sept semaines de la présidentielle. "Ils pensent que je suis seul", mais "vous ne baisserez jamais les bras", a lancé le candidat de la droite à ses partisans, héritiers de "la France des paysans, la France des cathédrales, des châteaux et des sans-culottes".

Traits marqués, voix un peu blanche, l'ancien Premier ministre a reconnu, entre deux averses, sa "faute" si sa campagne "rencontre de si formidables obstacles". Il a assuré avoir fait son "examen de conscience", mais a appelé ceux de son "camp"
à "faire le leur", épinglant "la responsabilité immense" de "ceux qui fuient le navire" à droite.

S'il a dénoncé une "chasse à l'homme" qui cherche aussi à "briser la droite", il a atténué le ton de ses critiques envers la justice.
"Je continuerai à dire à mes amis politiques que ce choix à la fois leur appartient et ne leur appartient pas", a ajouté M. Fillon, sibyllin, rejoint sur la fin à la tribune par son épouse Penelope agitant un drapeau tricolore.

Le candidat, qui sera sur France 2 dimanche soir, a multiplié les formules ambiguës sur son avenir, se gardant bien cette fois de dire qu'il irait "jusqu'au bout".

"Pénible fin de campagne!" a d'ailleurs lâché sur Twitter Dominique Bussereau (Les Républicains).

Inquiets de sondages donnant désormais leur ex-champion éliminé dès le premier tour de la présidentielle, derrière Marine Le Pen (FN) et Emmanuel Macron (En Marche!), quelque 250 élus lui ont retiré leur soutien. Alain Juppé et Nicolas Sarkozy se sont parlé samedi soir pour étudier "les sorties de crise". Christian Estrosi a annoncé dimanche une prochaine "initiative" dans le même sens avec Valérie Pécresse et Xavier Bertrand.

Au Trocadéro, rassemblement organisé avec le concours de Sens commun, émanation politique controversée de la Manif pour tous, M. Fillon était flanqué de fidèles, comme Éric Ciotti, Luc Chatel ou Valérie Boyer. Également présents certains ténors du parti comme les sarkozystes François Baroin ou Christian Jacob.

Nombre de figures de LR manquaient, inquiètes d'une initiative pouvant apparaître comme une attaque de la justice ou de la presse. Mais tout avait été fait "pour éviter tout dérapage": service d'ordre de 200 personnes, banderoles et sacs interdits.

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