Monoprix condamné en appel à fermer ses magasins parisiens à 21 heures

Les 80 magasins parisiens de l'enseigne Monoprix devront baisser leurs rideaux à 21 heures d'ici les prochains jours. / © Kenzo Tribouillard/AFP
Les 80 magasins parisiens de l'enseigne Monoprix devront baisser leurs rideaux à 21 heures d'ici les prochains jours. / © Kenzo Tribouillard/AFP

Monoprix a été condamné en appel, vendredi 7 septembre, à fermer au plus tard ses magasins parisiens à 21 heures sous peine d'une amende de 30.000 euros par infraction. La cour d'appel de Paris a estimé que l'enseigne ne prévoyait de mesures sociales suffisantes pour soutenir leurs salariés de nuit.

Par V.P. avec Valentine Ponsy

La cour d'appel de Paris a enjoint l'enseigne Monoprix à fermer ces magasins parisiens au plus tard à 21 heures, sous peine de paiement d'une astreinte de 30.000 euros par infraction, selon un arrêt rendu vendredi 7 septembre et publié par le collectif de syndicats de commerçants Clic-P. D'ici quelques jours, les 80 supermarchés ouverts jusqu'à 22 heures fermeront leurs portes une heure plus tôt.
 

Des mesures jugées vexatoires

Pour la justice, l'accord signé au sein de l'entreprise en décembre 2016 ne prévoit pas de mesures sociales suffisantes, comme des aides pour garder les enfants ou pour le transport, afin de concilier une activité professionnelle nocturne et les obligations familiales. Pour l'intersyndicale Clic-P, elles étaient même jugées vexatoires.

"L'accord comportait la fourniture d'un sandwich pour le travail de nuit, un prêt de 10 000 euros pour s'acheter un véhicule et une prise en charge forfaitaire de 500 euros pour la garde d'enfants jusqu'à 10 ans, énumère Karl Ghazi, représentant CGT de l'intersyndicale Clic-P. Monoprix considère, qu'au delà de 10 ans, un enfant n'a pas besoin d'être gardé".
 

Difficile de concilier travail décalé et vie privée

Cette heure de travail en moins en soirée devrait faciliter la vie des quelques milliers d'employés concernés du groupe dans la capitale. "Ces salariés de la capitale habitent souvent en lointaine banlieue, [les horaires de nuit] leur pose de vrais problèmes pour rentrer chez eux. Ça amène certains à démissionner puisqu'il n'arrivent plus à gérer leur vie privée," constate Karl Ghazi.

Cet appel casse une décision du tribunal de grande instance de Paris du 6 juillet 2017, qui avait débouté les quatre syndicats (CGT, SCID, SECI-Unsa, SUD) qui luttent contre le travail de nuit et le travail illégal. Contacté, le groupe Monoprix ne souhaite pas commenter une décision de justice et n'a pas donné suite à nos demandes d'interview.

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