Les Mystères de Paris : une œuvre culte du XIXe siècle, scandaleuse et populaire pour la première fois en série animée !

Une oeuvre culte du XIXe siècle, scandaleuse et populaire en son temps, est de retour avec la série animée adaptée des Mystères de Paris d'Eugène Sue, réalisée par Véronique Puybaret et Matthieu Dubois.

Pour la première fois, France 3 Paris Île-de-France vous propose de redécouvrir Les Mystères de Paris, célèbre roman devenu feuilleton d'Eugène Sue, en animation, 40 épisodes de 3' réalisés en 2D "Cut out".

durée de la vidéo: 02 min 11
Les Mystères de Paris - teaser ©Amopix /La Curieuse

Grâce aux nouvelles technologies, l'animation numérique des gravures, dessinées à l'époque pour l'oeuvre, prend vie et réhabilite « Les Mystères de Paris » d’Eugène Sue, dans un format feuilletonnant avec une narration dépoussiérée et décalée. 
Suivez les intrigues de ce monde grouillant des bas-fonds du vieux Paris dans lesquels se mêlent bagarres, noyades, meurtres et des fous… à travers 40 épisodes à voir dès lundi 14 décembre ICI

Le concept
 

© Amopix /La Curieuse

Le projet de cette adaptation est né de l’admiration de Véronique Puybaret et Matthieu Dubois, pour le roman d’Eugène Sue.
“Les mystères de Paris” sont narrativement efficaces, culturellement passionnants et les gravures retrouvées dans d’anciennes éditions du livre sont superbes. Leur projet était de décliner ces paramètres de contenu et de forme pour proposer une adaptation en animation 2D “cut out” à partir de gravures.
Le procédé est rare mais surtout cohérent avec l’époque du livre. Il s’avère élégant, et souvent humoristique : leur référence préférée est le “Flying Circus” des Monty Python. 
Un découpage en 40 épisodes de 3 minutes qui permet de décliner de façon adéquate et inédite le format feuilletonnant plein de suspens qui fit le succès et la modernité de l’œuvre (Eugène Sue est un des inventeurs du “cliffhanger”).

Eugène Sue

On connait le roman “Les Mystères de Paris”. Surtout son titre ! Pourtant l’histoire inventée par Eugène Sue est formidable, addictive, souvent étonnante, amusante, mélo, pleine de rebondissements et de suspens. Ceux qui l’ont lue s’en souviennent avec émotion, certains personnages sont inoubliables.
L’œuvre n’est pas prétentieuse, elle est grand public, populaire, policière. Elle est l’ancêtre des séries actuelles. Elle a influencé de très nombreux écrivains et cinéastes. C’est aussi une œuvre politique.
Eugène Sue, grand bourgeois et dandy dans sa jeunesse, s’est beaucoup impliqué dans l’écriture de ce roman social et militant, au point de se faire élire député socialiste puis de finir sa vie en exil, après l’échec de la révolution de 1848.
Le livre est très ancré dans le réel, passionnant d’un point de vue historique, géographique et social. Il est situé dans un Paris sombre et frondeur, avant les destructions d’Haussmann. Chaque lieu, disparu ou non, est localisable. C’est très instructif et vivant. La banlieue aussi (riantes prairies à l’époque !) est très présente dans de nombreux chapitres. L’œuvre offre un véritable intérêt pluridisciplinaire, croisant également l’histoire de la presse (l’avènement du feuilleton pour fidéliser les lecteurs et soutenir la publicité naissante), l’histoire de la littérature (entre romantisme et réalisme) et celle des arts (l’âge d’or de la gravure, la naissance de la photographie…).
Publiés en feuilleton dans “Le Journal des Débats” entre juin 1842 et octobre 1843, “Les Mystères de Paris” eurent un succès phénoménal, viral, interactif avant l’heure. Puis ils furent publiés et re-publiés en volumes abondamment illustrés par de très nombreuses et magnifiques gravures. Près de 40 ans depuis leur dernière adaptation audiovisuelle, il est grand temps de les remettre en lumière…

Les auteurs et la technique

© Amopix /La Curieuse

Véronique Puybaret est scénariste, Matthieu Dubois graphiste, tous deux sont passionnés par la littérature, l’histoire de Paris et la gravure, et  tous deux se sont très vite mis d’accord sur le concept du projet.
Pendant les longues années de préparation de cette série, ils se sont partagés l’adaptation. L’écriture du scénario et la réalisation se sont faites en fonction de la disponibilité des gravures et cette contrainte s’est révélée intéressante et créative.
Les gravures viennent majoritairement de l’édition Charles Gosselin de 1843 qui en comporte environ 300. Certaines sont aussi issues de l’édition anglaise de 1844 ainsi qu’une provenant d’une édition française de 1888 très réaliste, ou également chiné de nombreuses illustrations de cette époque, et certaines archives viennent de la BNF.
La série en animation a été écrite par Véronique Puybaret en 40 épisodes feuilletonnants d’environ 3 minutes. Le format long  permet d’être fidèle au récit et d’en reprendre l’essentiel, tout en se focalisant sur les meilleures scènes du livre, les plus étonnantes, drôles ou dramatiques. 
L'animation a  été réalisée par le travail de Matthieu Dubois qui a pris en charge l’adaptation graphique de la série : choix et harmonisation des gravures, scan en très haute définition, nombreux ajouts graphiques “à la manière de”… Les 95 personnages ont été “set-uppés” et “riggés”. Les 108 décors ont été retravaillés en plusieurs plans, augmentés, éclairés et découpés pour être animés en partie selon les nécessités du récit. A cela s’ajoute 240 accessoires mis à disposition des animateurs. Puis le travail d’animation et de compositing s’est réparti entre deux studios d’animation, Amopix à Strasbourg (par ailleurs coproducteur) et Miyu à Angoulême. Au milieu de contraintes techniques importantes, chaque animateur a su apporter sa touche personnelle, entre réalisme et fantaisie.

Les comédiens et le travail sonore

Un soin particulier a été apporté au recrutement des comédiens pour les voix, ils permettent l’identification des  personnages et de rentrer dans l’histoire.Les comédiens, connus ou moins, ont tous très vite adhéré au projet. Jérôme Robart (Nicolas Le Floch) interprète un Maître Ferrand tout à fait retors, Nade Dieu (Le Village Français) est une Fleur de Marie touchante malgré la désuétude de ce personnage, l’acteur de théâtre John Arnold joue un Maitre d’Ecole tout à fait impressionnant et Delphine Rich, une Mme de Lucenay très enjouée. Jérôme Keen est parfait en Rodolphe, pas toujours aussi héroïque qu’il le faudrait, Laurent Suire campe un Chourineur convainquant, Marièle Chartier une Madame Pipelet dont le nom est passé à la postérité. Tous ces comédiens, et bien d’autres encore, se sont bien amusés aussi à faire quelques voix de personnages mineurs.
La musique a été réalisée par Christophe Berthaud qui a composé de petites pastilles musicales toujours pleines d’humour ou d’empathies.

Les Mystères de Paris
Réalisé par Véronique Puybaret et Matthieu Dubois Coproduit par La CurieuseAmopix, avec la participation de France 3 Paris Île-de-France

Crédit illustrations © Amopix/La Curieuse /Matthieu Dubois

 

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