Ouverture d'un centre d'aide aux migrants et transgenres LGBT+ à Paris

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Un nouveau centre d'aide aux personnes migrantes LGBT+ devrait ouvrir à Paris dans le quartier du Marais. Une annonce faite à la veille de la journée mondiale contre l'homophobie.

Un nouveau centre d'aide aux personnes LGBT les plus exclues, en particulier les migrants et les transgenres, va ouvrir à Paris dans le quartier du Marais. Ce lieu viendra en aide aux "personnes dans la plus grande difficulté, notamment les personnes trans et les migrants LGBT+", a indiqué Jean-Luc Romero, adjoint ( apparenté PS) à la lutte contre les discriminations de la maire de Paris, à la veille de la journée mondiale contre l'homophobie.

Un centre de prise en charge et de ressources

Il sera situé rue Malher dans un local municipal de 520 m2 et sera géré par plusieurs associations dont l'Ardhis, Association pour la reconnaissance des droits des personnes homosexuelles et trans à l'immigration et au séjour.

Aude Le Moulec-Rieu, présidente de l'Ardhis, se réjouit de cette annonce. "Le projet a été porté avec d'autres associations. Nous avons besoin de locaux pour accueillir les migrants LGBT +, victimes d'une double discrimination : leur orientation sexuelle et leur précarité économique. Ses locaux seront destinés, non pas héberger mais à accueillir les migrants LGBT+ et les aider dans leur parcours d'accès au droit. Il y trouverons aussi une prise en charge en santé mentale et sexuelle. Les traumatismes liés à leur statut dans leur pays d'origine et à leur parcours migratoires demeurent fortes."

Ce centre sera également un lieu de ressources, formation et mutualisation destiné aux autres associations.

Jean-Luc Roméro espère voir ouvrir ce lieu en juin après un vote définitif du prochain conseil de Paris soulignant  qu'"énormément de migrants arrivent ces dernières années" dans la capitale, notamment d'Afrique subsaharienne et du Nord, d'Afghanistan et de Syrie. "On ne peut pas laisser ces réfugiés avec les autres car ils subissent des violences", a-t-il ajouté.

L'Escale

Un appartement pour réfugiés LGBT avait ouvert ses portes à Belleville dans l'est de la capitale en 2020. Trois jeunes majeurs d’origine africaine, victimes de violences homophobes, y avaient été les premiers locataires. Ce dispositif pilote avaient été mis en place à l'initiative de la mairie de Paris, qui a mis a disposition un logement et des associations, notamment Basiliade.  "Aujourd'hui, 7 appartements hébergent une trentaine de résidents dans les 11, 18, 5 et 15 e arrondissements de la capitale", explique Didier Arthaud, le président de Basiliade, ajoutant qu"'un nouveau lieu de convivialité ouvrira très prochainement rue Saint-Denis."

Selon l'association Basiliade, le nombre de migrants menacés dans leur pays d'origine pour leur sexualité est en augmentation ainsi que les demandes auprès de l'OFPRA, (Office français de protection des réfugiés et apatrides pour discrimination), pour le motif de discrimination en raison de son orientation sexuelle. Des propos confirmés par Aude Le Moulec-Rieu : "Nous sommes de plus en plus sollicités pour aider des migrants LGBT+. Nous recevons un milliers de sollicitations par an", souligne-t-elle. 

En France, l’homosexualité est un motif de demande d’asile depuis la fin des années 90 et il est inscrit dans la loi depuis 2015.