Les « papis de l’électro » de Bumcello fêtent leur 20e anniversaire à la Maroquinerie

Bumcello fête ses 20 ans à la Maroquinerie, jusqu'en février 2019. / © France 3 Paris IDF
Bumcello fête ses 20 ans à la Maroquinerie, jusqu'en février 2019. / © France 3 Paris IDF

Ils ont inventé une musique électronique sans ordinateur : le groupe parisien Bumcello fête ses 20 ans de folie à la Maroquinerie avec Monster Talk. Un nouvel album toujours aussi groove qui fourmille de mille sonorités.

Par Jean-Laurent Serra

Lorsque le violoncelliste Vincent Ségal se retrouve sur une scène avec son compère et ami Cyril Atef à la batterie, le concert a toutes ses chances de se transformer en bœuf géant. Difficile, en effet, pour ces deux musiciens virtuoses d’échapper à leur sacerdoce : l’improvisation. Et pourtant, rien ne prédisposait le jeune Vincent Ségal à sortir de la partition classique.
Dès l’école primaire, il suit des classes musicales. Il intègre rapidement le conservatoire de Reims puis le conservatoire national de Lyon où il décroche le sésame du premier prix. Mais voilà, c’est à Paris qu’il s’installe et découvre les joies du jazz, le plaisir du violoncelle électrique et de la musique contemporaine.

En 1998, il y a pile 20 ans, il rencontre le percussionniste Cyril Atef, et l’aventure Bumcello commence. « A cette période, je jouais du classique le matin, mais l’après-midi et surtout le soir, j’avais envie de faire bouger et danser les gens» sourit Vincent. « On n’était pas DJ, et dans les boîtes, c’était la mode des DJs qui faisaient danser les gens, » ajoute Cyril.
 

« On est des papis de l’électro »

« Alors, on est allé voir le patron d’un bar de la rue Oberkampf dans le 11ème arrondissement et on lui a dit, on a un violoncelle électrique et une batterie et on va faire danser les gens, tu verras, » reprend Vincent, amusé. Et ça a marché. Le groupe Bumcello s’est très vite fait une jolie réputation.

D’autant que les compères avaient un autre secret que celui l’improvisation. Leur style de musique, une sorte de trip hop lancinante très proche de la trance, déroule un groove qui oblige la danse et rappelle la structure de la musique électronique. Une véritable performance car Bumcello joue sans ordinateur :

Il y a de l’électronique,  mais c’est de l’électronique de vieux papis. On n’a pas d’ordinateur, on n’a pas de séquenceur, on n’a pas les petits pads sur scène, on n’a rien de tout ça. On improvise direct, on crée les sons et on envoie.

Avec une batterie et un violoncelle, le groupe a même réussi en 2006, à décrocher la Victoire de la musique dans la catégorie musique électronique.
 

« On est libre, mais parfois le corps résiste »

Avec ce nouvel album intitulé Monster talk et cette série de concerts à la Maroquinerie jusqu’au mois de février, Bumcello se fait plaisir. L’album est à l’image du groupe, un mélange de genres musicaux qui va du reggae, à la rumba en passant par le trip hop.

A eux deux, Vincent et Cyril ont créé un style qu’ils partagent volontiers en public. Mais attention, Chaque concert est une surprise. Impossible de savoir en effet, ce que Bumcello jouera le soir venu.

« Un jour, on était dans un esprit reggae, ça sentait le pétard partout, hé ben, on n’a pas joué un seul morceau reggae, on a joué de la salsa et du zouk, » éclate de rire, Cyril. « Mais là, pour le nouvel album, on va garder une ligne, on est libre mais on sent que le corps et le cerveau résistent. On va jouer l’album mais en revanche c’est sûr, on revisitera les morceaux, » s’amuse Vincent.

Les rois de l’improvisation sont donc de retour pour faire la fête après plusieurs années d’absence. C’est à la Maroquinerie et ça va groover. Profitez-en.

►Bumcello, à la Maroquinerie (Paris 20ème) : le 10 décembre 2018, le 14 janvier 2019 et le 4 février 2019.

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