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Paris : les commerçants appréhendent la finale de la Coupe d'Afrique des Nations

Dimanche 14 juillet après la victoire en demi-finale de l'Algérie, 169 personnes ont été interpellées à Paris et dans la petite couronne. / © Zakaria ABDELKAFI / AFP
Dimanche 14 juillet après la victoire en demi-finale de l'Algérie, 169 personnes ont été interpellées à Paris et dans la petite couronne. / © Zakaria ABDELKAFI / AFP

Après les débordements des supporters de l'équipe algérienne lors des précédents matchs de la Coupe d'Afrique des Nations, les commerçants des Champs-Elysées craignent de nouvelles dégradations pour la finale Algérie-Sénégal, vendredi à 21h. 

Par Sophie Maréchal

Sentiment d'être abandonné par les pouvoirs publics, perte de chiffre d'affaires, coût de la remise en état, peur d'ouvrir son commerce... Les maux des commerçants s'accumulent. Après plusieurs mois de manifestations des Gilets Jaunes qui ont causé d'importantes dégradations (un rapport parlementaire rendu public mercredi fait état de 850 000 euros de perte de chiffre d'affaires pour les hôtels, restaurants et cafés en France), les casseurs mêlés aux supporters de l'équipe d'Algérie lors de la Coupe d'Afrique des Nations sont la goutte d'eau qui fait déborder le vase pour deux commerçants des Champs-Elysées, rencontrés jeudi par une équipe de France 3.  
ITW commerçant 1 Champs-Elysées
Par peur des heurts qui pourraient éclater vendredi lors de la finale de la CAN, ce commerçant des Champs-Elysées a préféré envoyer sa famille en province.  - Laurence Barbry - Yoann Dorion / France 3 Paris
Ce restaurateur, qui préfère rester anonyme pour des raisons de sécurité, exerce depuis 15 ans dans le quartier des Champs-Elysées. Son restaurant a été saccagé début décembre, avant de réouvrir il y a 3 semaines. Jeudi 11 juillet, il a de nouveau été vandalisé. 

"Depuis jeudi dernier on ne dort plus. J'ai mis mes enfants en province. Je ne dors pas les nuits, je me réveille sans arrêt. On est angoissé. On se pose des questions. Jeudi dernier [les casseurs] ont essayé d'ouvrir la boutique pour essayer de rentrer dedans. Ils n'ont pas réussi. Il y eu un mouvement de foule à ce moment-là.

"Les gens ont peur"

Maintenant on s'attend au pire. Dimanche soir [les dégradations] ne se sont pas passées sur le côté Grande Armée mais sur le côté Wagram. Maintenant on va savoir vendredi soir comment on va être mangé. Hier soir il y avait un match, tout le personnel était stressé. Les gens ont peur. Pas à cause de la Coupe d'Afrique des Nations, mais à cause des casseurs qui viennent pour briser un quartier."
 
ITW commerçant 2 Champs-Elysées
Ce commerçant installé sur les Champs-Elysées pense à fermer boutique face aux difficultés économiques engendrées par la situation.   - Laurence Barbry - Yohann Dorion / France 3 Paris
Ce commerçant tient plusieurs établissements hôteliers aux abords des Champs-Elysées. Il a lui aussi été vandalisé jeudi 11 juillet. Ecoeuré par la situation, il se dit prêt à jeter l'éponge et à cesser son activité. 

"Vendredi on a la finale de la CAN. On va avoir un service de sécurité qui va nous coûter cher, on va se battre encore. On va protéger l'établissement. Nos voisins sont vandalisés. On n'en peut plus. On n'a plus les moyens de subir ces dégradations. Les assurances ne veulent plus nous suivre. On est au bout du rouleau. J'ai peur qu'un jour un commerçant pète un plomb, sorte un fusil de chasse, ça serait la catastrophe.

"On demande au président de la République de réagir"

C'est dur de supporter tout ça. On demande au président de la République de réagir. On a tout ce qu'il faut pour calmer le jeu. Tout le monde a le droit de manifester. On les soutient. On sait que les gens ont du mal à finir leurs fins de mois mais pourquoi on casse les pharmacies ? Pourquoi on casse ma terrasse ?"

Pour rappel, jeudi 11 juillet, deux magasins avaient été pillés sur les Champs-Elysées.

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