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Parisien, expérimenté, inattendu: pour succéder au cardinal Vingt-Trois, quel archevêque pour Paris

© PQR/VoixDuNord/MaxPPP
© PQR/VoixDuNord/MaxPPP

La succession du cardinal Vingt-Trois, 75 ans, semble proche. Se pose la question du profil que le pape François va choisir pour le siège d'archevêque de Paris, l'un des plus exposés de l'Eglise en France voire en Europe. L'agence France Presse tente ici d'y répondre dans un article très documenté.

Par AFP Agence France Presse

Le cardinal André Vingt-Trois, chef des catholiques parisiens depuis 2005, a renoncé à sa charge en raison de son âge (il a 75 ans depuis le 7 novembre). Il est physiquement affaibli par un syndrome neurologique de Guillain-Barré. L'archevêque espérait que la nomination de son successeur intervienne "dans le courant de l'automne". Mais rien ne transparaît du calendrier du pape François, ni de son choix.

Officiellement, il n'y a pas de candidats. Et le souverain pontife n'est pas tenu de trouver l'heureux élu dans la "terna" - liste de trois noms - dressée dans le plus grand secret par le nonce apostolique (ambassadeur du Saint-Siège) à Paris, puis transmise par la Congrégation pour les évêques à Rome.

Si aucun favori n'émerge avec évidence - ce d'autant que François a la réputation d'être imprévisible dans ses choix d'évêques - plusieurs scénarios se dessinent.


# Expérience requise

Non seulement l'archevêque de Paris règne sur le plus important diocèse de France, avec ses plus de 500 prêtres en activité, mais il coiffe une "province" (région) d'Île-de-France où l'Eglise reste dynamique autant qu'elle est diverse.
Surtout, plus encore que le président de la Conférence des évêques de France (CEF) ou le primat des Gaules (L'évêque de Lyon), il est celui qui incarne le catholicisme français auprès des autorités politiques et des médias. "Il faut une capacité à assumer une position publiquement", confiait à l'AFP un évêque il y a quelques mois.

Le pape peut puiser dans le vivier de prélats déjà archevêques métropolitains, donc expérimentés. Ainsi de Laurent Ulrich (Lille), qui a réussi un rare synode (assemblée d'Eglise) au niveau de sa province, ou de Dominique Lebrun (Rouen), bien connu du Vatican à l'Elysée depuis que le tragique assassinat du père Hamel, en juillet 2016, l'a mis en pleine lumière.
© Charly Triballeau/AFP Photos
© Charly Triballeau/AFP Photos

# Ici c'est Paris : un ancien du cru ?

Dans un diocèse toujours marqué par le long mandat (1981-2005) du cardinal Lustiger, dont le disciple Vingt-Trois a repris le flambeau, choisir un ecclésiastique du cru peut présenter bien des avantages, d'autant qu'il faut savoir gouverner un clergé parisien composé de fortes personnalités.
A cette aune, le nom d'Eric de Moulins-Beaufort (auxiliaire à Paris) est sur toutes les lèvres.

Mais le pape pourrait lui préférer d'anciens prêtres ou évêques auxiliaires parisiens ayant depuis fait leurs preuves à la tête d'un diocèse, comme Michel Aupetit (Nanterre), Renauld de Dinechin (Soissons) ou Jean-Pierre Batut (Blois). Sans oublier Antoine Hérouard, ancien secrétaire général de la CEF, aujourd'hui auxiliaire à Lille.

Le nom d'un "lustigerien" émérite est aussi souvent cité dans les coulisses épiscopales: Pierre d'Ornellas, qui coche plusieurs cases puisqu'il a l'expérience d'un grand archevêché (Rennes). "On peut se dire aussi qu'après deux archevêques issus du clergé de Paris, ce serait bien d'avoir un regard plus extérieur, qui voit les choses autrement", disait un évêque en juin.

© Jacques Demarthon/AFP Photos
© Jacques Demarthon/AFP Photos

# Et pourquoi pas la surprise du chef ? 

Le pape n'est pas contraint de faire son choix au sein de la conférence épiscopale française. Evêque d'Oran (Algérie), le dominicain lyonnais Jean Paul Vesco, attaché au dialogue islamo-chrétien et à l'accueil des divorcés-remariés, peut ainsi faire le voyage à Paris.
Le pontife pourrait même avoir l'audace de nommer un prêtre qui n'est pas évêque, comme son frère jésuite François-Xavier Dumortier, ancien recteur de l'Université grégorienne à Rome.

Au sein de la Conférence des Evêques de France (CEF), il pourrait être tenté de privilégier une figure pastorale ouverte sur les "périphéries de l'Eglise" qui lui sont chères, tels Jacques Blaquart (Orléans), en pointe dans la lutte contre la pédophilie, Pascal Delannoy (Saint-Denis) ou Jean-Luc Brunin (Le Havre).

Et pourquoi pas promouvoir la fervente relève missionnaire incarnée par David Macaire (Fort-de-France), 49 ans ? Le journaliste catholique Michel Cool l'a inscrit en octobre dans une liste parfois surprenante de 12 "candidats potentiels". L'intéressé, croisé la semaine dernière à Lourdes par des journalistes, a préféré s'en amuser: "Ce serait comme nommer Jean-Luc Mélenchon au gouvernement!"
© Lionel Chamoiseau/AFP Photos
© Lionel Chamoiseau/AFP Photos

 

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