Pas de toilettes, chaleur étouffante : le calvaire des passagers du TGV Paris-Montpellier/Barcelone

Les passagers du TGV Paris-Montpellier/Barcelone ont passé 6 heures bloqués près de Paris dans un tunnel, ce mardi 4 juin matin. / © Ludovic MARIN / AFP
Les passagers du TGV Paris-Montpellier/Barcelone ont passé 6 heures bloqués près de Paris dans un tunnel, ce mardi 4 juin matin. / © Ludovic MARIN / AFP

Les passagers du TGV Paris-Montpellier/Barcelone ont passé 6 heures bloqués près de Paris dans un tunnel, ce mardi 4 juin matin. Le train a été victime d'une panne d'alimentation électrique d'une caténaire.

Par MT/AFP

Sans toilettes, sans électricité, et sous "une chaleur étouffante": les passagers d'un TGV Paris-Montpellier/Barcelone ont passé plus de 6 heures près de Paris dans un tunnel à la suite d'un problème d'alimentation électrique.

"Le train n'a roulé que 9 minutes", "il fait au moins 78 degrés"... Après une panne d'alimentation électrique d'une caténaire "résolue en 10 à 15 minutes", deux rames du TGV Paris-Barcelone au départ de Gare de Lyon mardi matin n'ont pas pu "redémarrer" car elles "se trouvaient en pleine montée", selon la SNCF. Le TGV s'est retrouvé bloqué dans le tunnel de Yerres, en région parisienne, neuf minutes après son départ à 10h07, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Nous avons acheminé une nouvelle rame pour pousser celles en panne, mais sans succès donc nous avons décidé de transborder les passagers dans la rame à l'avant du TGV, qui fonctionnait", a indiqué à l'AFP la SNCF. En milieu d'après-midi, le TGV a pu "faire demi-tour à Gare de Lyon", et devait repartir "directement pour Montpellier". Les passagers qui le souhaitaient ont pu descendre à Paris, a poursuivi la SNCF, qui assure que l'ensemble de la circulation a fonctionné, les autres trains ayant contourné le tunnel.
 

"J'ai eu de la chance d'aller aux toilettes avant"

À l'intérieur, dans les wagons dénués de climatisation où la chaleur est étouffante et malgré le manque d'informations, "les passagers restent vraiment calmes, je suis très étonnée", raconte Leatitia Meyzen, qui rentre à Narbonne après avoir vu ses filles à Paris.

Son voisin, Didier Lemesle, qui a "choisi de ne pas prendre l'avion pour l'écologie" est plus sceptique: "J'ai eu de la chance d'aller aux toilettes avant qu'ils ferment l'électricité ! C'est insupportable l'absence de clim et le noir", lance-t-il.

"Heureusement que j'avais prévu de l'eau pour le voyage, quelle galère, nous n'avons aucune information...", souligne Benjamin Cornet accompagné de ses deux enfants âgés de 3 et 5 ans, en partance chez son oncle à Montpellier.

Sur Twitter, un autre passager, Gérald Bonnard, interpelle la SNCF : "Plus de lumière à bord, on fait comment avec des enfants ?"
 

Nourriture et eau distribués après plusieurs heures

Au bout de plusieurs heures, de l'eau, des sandwichs et des chips ont été distribués à quelques passagers, alors que les toilettes ont été fermées et la clim coupée.

Une quinzaine de personnes de la SNCF, des pompiers et des policiers étaient sur place lors du transfert des passagers dans le tunnel, sous une "forte chaleur". Au moins deux personnes ont été prises en charge par les secours, a constaté l'AFP.

"Heureusement j'ai été très bien aidée par un jeune passager, qui m'a porté mes bagages dans le tunnel. C'est pas si grave mais c'est agaçant", a indiqué Jeanne Pitard, âgée de 88 ans, qui allait dans sa résidence secondaire à Argelès-sur-mer.
 

"On n'est pas dans un pays du tiers monde!"

Pour Heather Manton, une touriste australienne de 68 ans, "c'était horrible: on a du descendre sans avoir été prévenus de rien. On a des réservations pour ce soir à Barcelone, comment allons-nous faire? On ne nous a rien dit, où faut-il aller ? Est-ce qu'on va s'occuper de nous à l'arrivée ?".

"On est en France, pas dans un pays du tiers monde!" s'énerve un autre touriste, Christian Beikov, un Autrichien de 28 ans.

Dans la nouvelle rame, les gens ont retrouvé la climatisation et des toilettes et se sont installés où ils pouvaient en attendant de rentrer à Paris, même dans le bar fermé du TGV. À 16h37, les passagers ont revu la lumière du jour pour la première fois depuis plus de six heures.
 

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