• SOCIÉTÉ
  • POLITIQUE
  • ECONOMIE
  • SPORT
  • FAITS DIVERS
  • CULTURE

Pour passer l’obstacle du handicap, Lorenza degli Azzoni rêve de reprendre l’équitation et abandonner sa chaise roulante

Lorenza degli Azzoni se déplace en chaise roulante depuis un accident, à l'âge de 19 ans. Mais c'est avant tout une passionnée d'équitation, avec près de huit ans d'expérience en compétition. / © Lorenza degli Azzoni
Lorenza degli Azzoni se déplace en chaise roulante depuis un accident, à l'âge de 19 ans. Mais c'est avant tout une passionnée d'équitation, avec près de huit ans d'expérience en compétition. / © Lorenza degli Azzoni

Après un accident qui lui a pour l’instant coûté l’usage de ses deux jambes, cette jeune femme passionnée d’équitation en est convaincue : elle remontera un jour sur un cheval. Pour réaliser ce rêve, elle a lancé une cagnotte en ligne.

Par Pierre De Baudouin

« Je n’ai aucun souvenir de ce qu’il s’est passé. La seule chose dont je me rappelle, c’est que c’est arrivé le 15 juillet, le jour de la finale de la Coupe du monde de foot. » Quand elle évoque son accident, suite à une tentative de suicide, Lorenza degli Azzoni a comme un vide : « C’est mon beau-père qui m’a tout raconté, apparemment j’ai sauté du 4ème étage. »

Les deux chevilles cassées, le poignet gauche fracturé... A 19 ans, elle a surtout été atteinte au niveau de la moelle épinière : « J’ai eu trois vertèbres brisées, et ma colonne vertébrale a été atteinte. » S’en suivent deux mois dans un lit d’hôpital, et le début d’une longue rééducation.
Lorenza degli Azzoni est montée dès son plus jeune âge en selle, avant de commencer l'équitation en compétition à 12 ans. / © Lorenza degli Azzoni
Lorenza degli Azzoni est montée dès son plus jeune âge en selle, avant de commencer l'équitation en compétition à 12 ans. / © Lorenza degli Azzoni

De nombreuses années en compétition

Résultat du drame : Lorenza degli Azzoni se déplace désormais grâce à une chaise roulante. « Difficile de savoir si je pourrais remarcher un jour, raconte-t-elle. Même le médecin qui me suit ne peut rien me promettre. Je ne suis pas dans la situation d’une personne totalement paralysée, donc tout dépend de l’évolution des connexions neurologiques. Mais il reste un petit espoir, si j’ai des muscles assez forts. »

Ceci dit, cette passionnée d’équitation compte bien remonter un jour sur un cheval. En selle pour la première fois de sa vie à l’âge de trois ans à peine, la jeune sportive commence la compétition à 12 ans, après quelques années « pour le plaisir » :

J’ai d’abord fait du saut d’obstacle, pour mes premiers championnats de France, avant de passer au « complet » ; c’est une union de plusieurs épreuves, avec en plus du saut d’obstacles, du dressage et du cross. Je suis notamment passée par le Haras de Jardy dans les Hauts-de-Seine, un haras de réputation internationale.

Un rêve en tête : devenir cavalière de para-dressage

Si l’équitation est née comme une passion, la pratique est aujourd’hui devenue une sorte de thérapie pour la jeune femme. « D’un point de vue psychologique, c’est très fort, il y a le contact avec l’animal, explique-t-elle. Puis ça représente surtout une motivation, un but à atteindre qui me pousse : remonter un jour en selle. J’ai l’intention de m’y remettre le plus vite possible. J’attends, je compte les jours. »

Bien entendu, en selle, le risque sera toujours présent :

Quand j’ai annoncé à mon médecin la première fois que je voulais remonter, il n’était pas enchanté, mais il m’a dit oui. Si je tombe au sol, évidemment c’est super dangereux. Il suffira d’un coup sur la colonne vertébrale pour la paralyser à vie, voire pire…

Passer l’obstacle financier, pour remonter en selle

Pour minimiser les risques, la jeune sportive ne peut pas se permettre de monter sur « n’importe quel cheval ». « J’ai besoin de m’acheter un animal d’une écurie de qualité, sécurisée, prévoit-t-elle. Il doit être très stable dans sa tête, sans aucun problème de caractère. Le cheval ne doit pas avoir peur des bruits qui pourraient le surprendre en balade par exemple, des bruits qui pourraient le brusquer. »

Bien sûr, un cheval de la sorte est synonyme d’un prix d’achat élevé. Face au coût, Lorenza degli Azzoni a lancé une cagnotte en ligne et ouverte à tous sur la plateforme Leetchi, en octobre dernier. A ce jour (le dimanche 25 novembre), les dons s’élèvent à un peu plus de 2.500 euros.
 

« Nous ne sommes pas des objets »

« Si j’ai un message à passer aujourd’hui, j’aimerais avant tout dire aux personnes devenues handicapées du jour au lendemain que la vie ne s’arrête pas, confie la jeune femme. Tout n’est pas perdu. Certes, tout change bien entendu au quotidien mais on peut tout refaire de manière différente au fil de la rééducation. On s'adapte : j'ai par exemple appris à m'habiller toute seule, à nouveau. »

Lorenza degli Azzoni aimerait aussi bien voir certains regards et façons de penser changer : « J’aimerais dire aux gens valides d’avoir parfois un peu plus d’humanité. J’ai malheureusement l’impression que certaines personnes ne font vraiment pas attention aux personnes invalides, notamment quand la dernière fois que je suis allé à Paris. Nous ne sommes pas des fauteuils roulants. Nous ne sommes pas des objets. »

Sur le même sujet

Bande-annonce : Derrière la vitrine des grands magasins

Les + Lus