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Le policier qui avait frappé un lycéen a été condamné à huit mois de prison avec sursis

Le policier qui avait frappé un lycéen a été condamné à huit mois de prison avec sursis
Interviewés : Gwenaëlle Cau, parent d'élèves Lycée Bergson; Maître Arié Alimi, avocat d'Adan Sujet réalisé par Laurence Barbry, Isabelle Audin, Thierry Rousseau et Lemanahalatai Kulimoetoke

La scène, largement diffusée sur les réseaux sociaux, avait choqué : un policier de 26 ans était jugé pour violences volontaires au tribunal correctionnel de Paris. Le 24 mars, près du lycée Bergson (19ème), il avait violemment frappé un élève en marge des manifestations contre la loi travail.

Par Cécilia Sanchez (avec AFP)

Un policier de 26 ans a été condamné jeudi à huit mois de prison avec sursis pour avoir asséné un violent coup de poing à un élève du lycée Bergson à Paris le 24 mars, en pleine mobilisation contre la loi travail. 

Les juges sont allés au-delà des réquisitions du parquet, qui avait demandé jeudi six mois de prison avec sursis à son encontre.


Le tribunal correctionnel de Paris, où il était jugé le 10 novembre, n'a pas inscrit cette condamnation à son casier judiciaire. Il peut donc continuer à exercer sa profession.

Une vidéo de la scène, largement diffusée sur les réseaux sociaux et dans les médias, avait suscité l'émoi, jusqu'au ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve qui s'était dit "choqué". Elle montre le lycéen à terre, entouré de plusieurs fonctionnaires de police. "Lève-toi! Lève-toi!!!", lui lance l'un d'eux, avant de lui asséner un violent coup de poing au visage, qui fait basculer et chuter le lycéen, que maintenait un autre policier.

Pour le policier, "un malheureux concours de circonstances"

La victime a eu le nez cassé, et s'est vu prescrire une incapacité totale de travail (ITT) de six jours. Le gardien de la paix avait invoqué face aux juges du tribunal correctionnel de Paris, lors de l'audience le 10 novembre, un "malheureux concours de circonstances".
Ni lui ni son avocat n'étaient présents pour le délibéré.


Selon son récit, le policier n'a aucunement visé le visage de l'adolescent, mais il l'aurait atteint car, maintenu à la nuque par l'un de ses collègues, le jeune homme s'est baissé au moment où le coup est parti. Sentant "comme des doigts au niveau de la jugulaire" de son casque, il a expliqué s'être senti "en danger", le tout dans un contexte de maintien de l'ordre auquel il était à peine formé. Les policiers, visés par des projectiles, voulaient alors interpeller un individu qu'ils considéraient comme l'un des principaux fauteurs de troubles.

Un geste d'une "illégitimité absolue"

Que le policier ait visé le plexus, comme il le soutient, ou le visage, est en soit un geste d'une "illégitimité absolue", avait estimé le procureur lors de l'audience. Un deuxième policier doit comparaître le 16 juin pour des violences sur un autre élève du lycée Bergson le même jour.

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