Pollution au plomb : les enfants sont particulièrement vulnérables selon l'Anses

Une opération de dépollution à l'école Saint-Benoît située 16 rue Saint-Benoît, dans le VIe arrondissement de Paris. / © PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP
Une opération de dépollution à l'école Saint-Benoît située 16 rue Saint-Benoît, dans le VIe arrondissement de Paris. / © PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP

Les poussières de plomb émises dans l'atmosphère, comme lors de l'incendie de Notre-Dame, sont bien une source potentielle de contamination, en particulier pour les enfants estime un rapport de l'agence sanitaire Anses publié ce vendredi.

Par MT/AFP

L'incendie de Notre-Dame et la combustion de 300 tonnes de plomb le 15 avril dernier a fait prendre conscience des dangers liés à ce métal lourd. L'agence sanitaire Anses a publié un rapport ce vendredi qui confirme la dangerosité de cette pollution, en particulier pour les enfants.

A Paris, les principales sources connues d'exposition au plomb sont l'eau, l'alimentation, ou la peinture au plomb dans les vieux immeubles. Si des règles existent pour dans ces domaines, il n'y en a "pas pour ces poussières" qui se déposent sur les routes ou les aires de jeux, explique Guillaume Boulanger, l'un des auteurs du rapport.
 

Ils absorbent plus facilement le produit

Malgré le manque de données, le rapport identifie des populations à risque, en premier lieu les jeunes enfants.

Leur métabolisme absorbe plus facilement ce produit qui, chez eux, peut être toxique même à faible dose. Le fait qu'ils portent à la bouche leurs mains, jouets et autres objets ayant trainé par terre est également en cause, la contamination semblant se faire principalement par ingestion des poussières de plomb.

Alors lorsqu'une situation à risque est repérée, il faut mettre en place des "gestes de prévention", comme se laver souvent les mains ou se déchausser avant de rentrer chez soi. En outre, la plombémie de l'enfant "doit être mesurée", recommande l'Anses.
 

"Les sources de plomb sont très nombreuses à Paris"

C'est d'ailleurs ce qui a été fait sur plus de 1.000 enfants après l'incendie de Notre-Dame.

Selon l'Agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France, 13 cas ont dépassé le seuil de déclaration obligatoire de saturnisme (50 microgrammes par litre de sang). Et pour la majorité d'entre eux, la source de contamination a été trouvée au domicile.

A Paris, l'ARS a déjà enclenché le processus après l'incendie de la cathédrale et espère avoir d'ici fin 2020 des éléments pour dresser un état du "bruit de fond" du plomb à Paris, c'est-à-dire la pollution indépendante de Notre-Dame.

"Les sources de plomb sont très nombreuses à Paris", note son directeur Aurélien Rousseau, notant que l'incendie a remis le sujet "en haut de la pile".
 

Protéger les travailleurs exposés

L'Anses insiste également sur la nécessité de protéger les travailleurs exposés aux poussières extérieures contaminées, en mesurant leur plombémie. Elle préconise pour eux la mise en place d'"un suivi médical renforcé" si les valeurs biologiques de référence pour les adultes sont dépassées, valeurs qui devraient d'ailleurs être largement abaissées, estime-t-elle.

Par ailleurs, à long terme, l'Agence appelle surtout à réaliser de nouvelles mesures environnementales ciblées sur les lieux fréquentés par les enfants, pour estimer l'exposition de la population à ces poussières.
 

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