La préfecture de police de Paris étrillée par la Cour des comptes

La préfecture de police compte 34.000 agents sous l'autorité directe du préfet de police pour un budget de plus de 2,2 milliards d'euros. / © GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
La préfecture de police compte 34.000 agents sous l'autorité directe du préfet de police pour un budget de plus de 2,2 milliards d'euros. / © GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Son organisation est jugée "trop centralisée" et ses résultats de mission sont "en baisse". La préfecture de police de Paris doit se réformer estime la Cour des comptes dans un rapport publié ce lundi.

Par MT/AFP

"L'institution doit se réformer et évoluer dans ses modes de gouvernance (...)", est-il écrit dans ce rapport qui a examiné sur la période 2009-2018, l'organisation et la gestion de la préfecture de police de Paris (PP) ainsi que ses missions de sécurité publique, de police judiciaire et d'ordre public.

La Cour des comptes, qui fait 13 recommandations, pointe notamment du doigt les pouvoirs du préfet de police "trop centralisés" pour une zone géographie étendue. Sa compétence s'étend aujourd'hui aux trois départements de la petite couronne (Val-de-Marne, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis) ainsi qu'aux trois aéroports parisiens.

Dans ces départements qui représentent 6,4 millions d'habitants, la Cour recommande de placer les services de police sous l'autorité des préfets départementaux, sans remettre en cause la logique de police d'agglomération qui, selon les magistrats de la rue Cambon, a permis un "rééquilibrage des effectifs de police entre Paris et la petite couronne".

Les rapporteurs notent également un "chevauchement des compétences" entre les services de la PP et ses homologues du ministère de l'Intérieur en matière de police judiciaire.
 

"Organisation peu efficiente"

La police judiciaire de Paris (DRPJ), le fameux "36", ne relève pas "dans les faits" de la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) qui "ne suit pas l'évolution de ses moyens et méthodes ni même de son activité", relève le rapport.

"L'existence parallèle de ces deux directions laisserait subsister une organisation peu efficiente marquée par des doublons entre certains service", est-il écrit.

Les rapporteurs estiment en conséquence nécessaire d'intégrer la police judiciaire parisienne à la direction centrale de la police nationale (DCPJ) pour "éliminer les doublons et la concurrence".
 

Augmenter les policiers sur la voie publique

Ils proposent aussi la création d'une direction zonale de la police aux frontières (PAF) de l'Ile-de-France pour suppléer à l'actuelle sous-direction de la préfecture (SDLII) dont la majorité des moyens est affectée à la gestion de centres de rétention administratifs (CRA) parisiens aux dépens du contrôle des flux migratoires.

Parmi ses recommandations, la Cour propose aussi une augmentation de la présence de policiers sur la voie publique, un nouveau maillage des commissariats "parfois proches du point de rupture" ou encore un accent sur la gestion des ressources humaines afin de fidéliser les fonctionnaires de police.

La préfecture de police compte 34.000 agents sous l'autorité directe du préfet de police, Didier Lallement, pour un budget de plus de 2,2 milliards d'euros.
 

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