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Qui sont les communards parisiens, réhabilités par l'Assemblée nationale ?

La barricade à l'angle des boulevard Voltaire et Richard-Lenoir, lors de la Commune de Paris. / © Wikimedia Commons
La barricade à l'angle des boulevard Voltaire et Richard-Lenoir, lors de la Commune de Paris. / © Wikimedia Commons

A l'initiative des députés socialistes, l'Assemblée vient de voter un texte qui proclame la réhabilitation des victimes de la répression de la Commune de Paris de 1871. Mais qui sont les "communards", Parisiens figures de la dernière révolution du XIXème siècle ?

Par France 3 Paris IDF

Plusieurs milliers de morts en quelques jours, dans une capitale en feu. La "Semaine sanglante", débutée le dimanche 21 mai 1871, marque la fin de la Commune de Paris et le massacre de ses partisans par les forces armées républicaines contre-révolutionnaires.

Cette répression brutale de l'Histoire française symbolise les tensions autour de la Commune, dont la mémoire reste très politisée. Un débat historique animé, réouvert ce mardi lorsque l'Assemblée nationale a voté un texte proclamant "la réhabilitation de toutes les victimes de la répression anti-communarde".

Un "acte solennel" par "devoir d'histoire", initié par les socialistes et porté par Patrick Bloche, président de la commission des Affaires culturelles. Pour l'élu parisien, "le temps est désormais venu pour la République" de rendre "justice" aux communards, "victimes d'une répression impitoyable".

La droite, elle, critique une manipulation de la mémoire. "La mémoire ne peut être l'objet d'une instrumentalisation abusive" en direction de "l'extrême gauche", dénonce Yannick Moreau, député de la Vendée.

Entre 10.000 et 30.000 morts

Mais qui sont les communards, réhabilités par le vote de l'Assemblée ? Après la défaite française lors de la guerre franco-prussienne de 1870 et la capitulation de Paris, une insurrection ouvrière issue de l'Assemblée nationale, qui venait d'être élue au suffrage universel, prend le pouvoir dans la capitale contre le gouvernement républicain.

La Commune désigne alors le contre-gouvernement révolutionnaire dans Paris, en mars 1871.

La Commune reste dans l'Histoire française comme la première tentative d'un gouvernement de la classe ouvrière. Le contre-gouvernement vote d'importantes mesures sociales, comme la séparation de l'Église et de l'État. Des mesures rarement appliquées avant la fin du mouvement.
Affiche de la proclamation de la Commune de Paris, le 29 mars 1871, où est exposé son programme politique et social. / © Wikimedia Commons
Affiche de la proclamation de la Commune de Paris, le 29 mars 1871, où est exposé son programme politique et social. / © Wikimedia Commons
Les insurgés de 1871 sont typiquement des travailleurs parisiens : des ouvriers et des employés du bâtiment, du métal ou d'ateliers, âgés d'une trentaine d'années.

Les communards militent pour le socialisme, l'autogestion, voire l'anarchisme. Parmi les plus célèbres figures, on compte Louise MichelJules Vallès, Gustave Courbet, ou encore Gustave Flourens.

Les insurgés communards s'opposent aux "Versaillais" républicains d'Adolphe Thiers, le gouvernement provisoire mis en place après la déchéance de Napoléon III. Après 72 jours d'insurrection, les communards sont écrasés par Thiers, lors de la fameuse "Semaine sanglante".

Qui sont les communards parisiens, réhabilités par l'Assemblée nationale ?

Les Parisiens révolutionnaires sont massacrés dans les rues et aux centaines de barricades construites dans la capitale. Une partie de Paris est incendiée

Les exécutions - selon les estimations - ont fait entre 10.000 et 30.000 morts, auxquels s'ajoutent des condamnations à mort, aux travaux forcés, ou à la déportation, prononcées par milliers après la défaite des communards.

Sur 38.000 insurgés jugés après la "Semaine sanglante", 7.500 sont notamment déportés en Algérie et en Nouvelle-Calédonie.

Suite à la répression du mouvement, une amnistie partielle des communards est votée par l'Assemblée en 1879, ainsi qu'une loi d'amnistie générale concernant les condamnations prononcées après la défaite de la Commune en 1880.

La résolution votée ce mardi au Parlement, qui n'est pas une grâce, une amnistie, ou encore une loi mémorielle, marque un symbole politique fort pour l'image des communards.

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