A quoi ressemble la nouvelle Samaritaine, bientôt rouverte après 15 ans de fermeture ?

Des ouvriers dans l’enceinte de La Samaritaine, en novembre 2019. / © MARTIN BUREAU / AFP
Des ouvriers dans l’enceinte de La Samaritaine, en novembre 2019. / © MARTIN BUREAU / AFP

Le grand magasin parisien reprendra vie en avril 2020 sous la forme d'un complexe regroupant hôtel de luxe, bureaux, logements sociaux et crèche. Le chantier aura coûté 750 millions d'euros à LVMH, propriétaire des lieux.
 

Par France 3 PIDF / AFP

Les travaux ont été colossaux. La Samaritaine, qui annoncé mardi sa réouverture, renaîtra en avril prochain. Fermés il y a 15 ans, les lieux ont été transformés en un « pôle d'attraction » comme l’explique Jean-Jacques Guiony, le PDG de l'emblématique grand magasin du 1er arrondissement. Le « plus petit des grands magasins parisiens » voit d’abord sa surface baisser, de 30 000 m2 au moment de sa fermeture à 20 000 m2 aujourd’hui. Il sera géré par DFS, un groupe de distribution possédé par LVMH, avec une sélection de 600 marques de luxe mêlant « mode, art de vivre et gastronomie ».
Pour ce qui est du décor, une immense fresque jaune d'or, ornée de paons multicolores et située sous la verrière principale qui domine le futur espace magasin, illumine le monumental escalier aux poutres métalliques apparentes. « On a beaucoup travaillé sur la lumière naturelle, beaucoup de fenêtres avaient été occultées, et à présent on a notamment une vue sur l'église Saint-Germain-L'Auxerrois, raconte Eléonore de Boysson, responsable Europe et Moyen-Orient de DFS. L'idée est d'avoir un lieu de vie au-delà d'un lieu de commerce, avec douze espaces de restauration. »

Un hôtel cinq étoiles, des bureaux, une crèche de quartier et des logements sociaux

Pour son 150e anniversaire, La Samaritaine rouvrira surtout en accueillant un hôtel cinq étoiles Cheval Blanc - une marque aussi détenue par LVMH - de 72 chambres et suites avec vue plongeante sur la Seine, des bureaux couvrant 15 000 m2, une crèche de quartier de 80 lits, mais aussi 97 logements sociaux gérés par France Habitat. L'hôtel fixera un prix d'entrée de 1 150 euros pour une chambre de 45 m2, mais ne communique pas ses tarifs pour la suite de 1 000 m2 avec piscine privée située au huitième étage. L’établissement proposera par ailleurs quatre restaurants, dont un établissement gastronomique dirigé par le chef étoilé Arnaud Donckele.
L’ouverture prochaine marquera avan tout la fin d’un long chemin semé d'embûches pour LVMH. Alors que le magasin a fermé en 2005 pour des raisons de sécurité liées à sa vétusté, le groupe de Bernard Arnault a dû attendre 2015 pour voir définitivement validé son permis de construire et de rénover. Les travaux ont en effet été suspendus par une série de recours d'associations de sauvegarde du patrimoine, contestant entre autres la réalisation d'une façade contemporaine toute en verre, côté rue de Rivoli.

1 500 postes créés selon LVMH

« Il a fallu cinq ans pour convaincre la mairie de Paris, cinq ans pour obtenir le permis, et cinq ans de travaux colossaux, commente le PDG de La Samaritaine, créé en 1870. On ne pensait pas que ça durerait quinze ans, mais ça en valait la peine. » Joyaux de l'Art nouveau et de l'Art déco, les quatre bâtiments - dont un classé aux Monuments historiques - ont subi une lourde restructuration. Mosaïques, émaux, verrières, garde-corps en fer forgé… Le chantier devait aussi respecter et revaloriser les éléments d'époque.
Pour ce qui est des emplois, LVMH indique qu’« au total, plus de 1 500 postes seront créés », dont 800 pour le grand magasin, et qu’« avec les bureaux, plus de 2 400 emplois directs seront pérennisés sur site ». En 2005, lors de sa fermeture – à l’origine pour des travaux censés durer six ans - La Samaritaine employait 734 salariés, dont la quasi-totalité a été reclassée ou a bénéficié de mesures prévues par le Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE). Ces anciens salariés bénéficiant d'une priorité d'emploi dans la nouvelle Samaritaine, « une soixantaine d'entre eux ont manifesté leur intérêt pour revenir », selon Jean-Jacques Guiony.
 

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