Route du Rhum : "Je suis serein": Fabrice Amedeo, skipper francilien, à quelques heures du départ

A 14 heures Fabrice Amedeo franchira la ligne départ à la Pointe du Grouin au large de Cancale. Direction Pointe-à-Pitre en Guadeloupe. 3542 milles marins soit 6560 km en solitaire sur son voilier Geodis Newrest. C'est sa 2e participation à la mythique course au large: la Route du Rhum.

Fabrice Amedeo à bord de son voilier SNCF Géodis Newrest. Saint-Malo, Route du Rhum 2014.
Fabrice Amedeo à bord de son voilier SNCF Géodis Newrest. Saint-Malo, Route du Rhum 2014. © Jean Sébastien Evrard/AFP
Rencontre avec le skipper de Levallois-Perret (92) Fabrice Amedeo, 37 ans, sur son bateau Geodis Newrest, un voilier de la catégorie des Class 40 bassin Vauban à Saint-Malo.

Comment vous sentez-vous à quelques heures du départ?

"Mon état d’esprit, c’est à la fois de l’humilité parce que je suis un amateur. Je partage ma vie entre Paris, mon travail de journaliste au Figaro et les entraînements sur l’eau. J’ai un bateau qui n’est pas de toute dernière génération. Je sais qu’il y a des voiliers plus rapides et des marins plus expérimentés. Mais je sais également que j’ai une bonne carte à jouer. Côté offensif, je suis à fond. J’ai fait cinq transats avec ce bateau. Je fais partie des skippers qui ont le plus navigué pour se préparer. Certains bateaux ont été mis à l’eau tardivement. Ce n’est pas mon cas. Parallèlement, je me suis énormément préparé à terre. Côté physique, je me suis préparé avec un coach et je ne me suis jamais senti aussi prêt avant un départ de course."

Ces derniers mois, qu’est ce qui a été le plus difficile?

"Le montage financier n’a pas été forcement très simple. J’ai un sponsor fidèle, SNCF Géodis mais j'’ai dû chercher un autre sponsor pour boucler mon budget qui s'élève à environ 200 000 euros. Le groupe Newrest est arrivé en cours de saison et cela a demandé beaucoup de d'énergie de trouver ce nouveau partenaire.
Parallèlement, j'ai cherché à améliorer l’ergonomie du bateau, le viabiliser: configurer les voiles, l’informatique embarquée. Puis j'ai évidement navigué pour trouver plus d’aisance sur mon bateau. Prendre le départ de la route du rhum, c’est une somme de choses assez complexes."`

Envie de larguer les amarres maintenant?

"Partir, prendre le départ de la course du Rhum, c’est une belle victoire déjà. C’est l’aboutissement de longs mois de travail. Même si l’ambiance à Saint-Malo est super, il y a beaucoup de monde, ça demande beaucoup d’énergie. Aujourd’hui, je ressens une certaine impatience, j'ai envie de me retrouver en mer et faire ce que j'aime, naviguer."

Comment vont se passer les premiers jours en mer?

"Sur cette 10 ème édition du Rhum, les premières 24 heures vont être relativement clémentes. On aura peu de vent. Mais les choses vont changer à partir de lundi. Dans le golfe de Gascogne, ce sera assez chaud. On va partir avec un vent de sud-ouest puis il va tourner au nord ouest. Il y aura un ciel de traine, des grains et des rafales de vent jusqu’à 90 km à l’heure. Mais attention au départ. Il y a beaucoup de monde, plus de 90 bateaux à prendre le départ. Surtout il y a beaucoup de monde en mer, des bateaux de spectateurs venus suivre le départ. Attention à la casse. On part donc avec une boule au ventre. Il y a beaucoup d’émotion et d’adrénaline. Mais une fois que l’on se retrouve au large, la routine s’installe, on reprend ses réflexes de marins et on rentre enfin dans la course."


Quelle route allez-vous choisir pour relier Saint-Malo à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe ?

"Depuis plusieurs jours, je travaille sérieusement sur les prévisions météo. On sort de la Manche en tirant des bords jusqu'à Ouessant. Puis ce sera le Golf de Gascogne, je vais plonger vers le sud et passer entre le Portugal et les Açores et récupérer l'Alysés assez rapidement, un vent du nord-est vers le sud-ouest.
Cette édition de la Rhum va être dure au début mais après 4 jours, quand on sera alors à la latitude de Porto on sera à l’abri des dépressions. Il y a plusieurs routes pour rejoindre la Guadeloupe, mais cette année personne ne devrait passer par le nord au vue des conditions météo. J’ai une idée assez précise de ma route mais j’affinerai en fonction des conditions météo et des vents.

On peut s’attendre à ce que cette 10ème édition soit une course rapide. Les ultimes devraient battre des records. Moi je table sur 18 jours peut être moins. Mais attention tout peut arriver, on n’est pas à l’abri de rien. La course va être sportive, intense et rapide. J’ai hâte d’y être. Je suis serein."      


Portrait de Fabrice Amedeo, entre bitume et Atlantique. Reportage réalisé par Jean-Philippe Lemaire et Emmanuelle Hunzinger                                               



durée de la vidéo: 02 min 35
Portrait de Fabrice Amedeo, skipper francilien

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
route du rhum sport nautisme