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La sœur du prince héritier saoudien jugée en juillet pour avoir ordonné le tabassage d'un artisan à Paris

Le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane, alors ministre de la Défense, accueilli par le président François Hollande au Palais de l'Elysée, le 27 juin 2016. / © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane, alors ministre de la Défense, accueilli par le président François Hollande au Palais de l'Elysée, le 27 juin 2016. / © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Un plombier français accuse la sœur du prince héritier saoudien (dit MBS), d'avoir donné l'ordre de le rouer de coups et menacé avec une arme en 2016. Il avait pris une photo d'une pièce de son hôtel particulier à Paris pour les besoins de son chantier. Elle sera jugée en juillet.

Par MT avec AFP

Une malheureuse photo est à l'origine de son calvaire. La sœur du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane est accusée d'avoir donné l'ordre à son garde du corps de frapper un artisan qui effectuait des travaux dans son hôtel particulier parisien en 2016. Elle doit être jugée à Paris le 9 juillet.

La sœur de l'homme fort de Ryad (surnommé MBS), est visée depuis décembre 2017 par un mandat d'arrêt, notamment pour complicité de violences volontaires. À moins qu'elle se présente à l'audience, elle devrait vraisemblablement être jugée en son absence, représentée ou non par son avocat français.
 

"Il faut le tuer, ce chien, il ne mérite pas de vivre"

En septembre 2016, le plombier était venu faire des travaux dans l'hôtel particulier de la princesse, avenue Foch (Paris XVIe). D'après son récit, il prenait une photo de la pièce pour mener à bien son chantier où il devait intervenir lorsqu'il a été accusé de réaliser des clichés volés pour les vendre à des médias.

Mécontente, Hassa bint Salmane avait alors donné l'ordre à son garde du corps de le frapper, toujours selon ses dires.

L'artisan affirme avoir été roué de coups, notamment au visage, et humilié sous la menace d'une arme de poing. Le garde du corps lui aurait notamment intimé l'ordre de s'agenouiller, les mains ligotées, pour baiser les pieds de la princesse. Finalement, au bout de plusieurs heures, il avait pu quitter l'appartement.

"Il faut le tuer, ce chien, il ne mérite pas de vivre", s'était emportée la princesse, selon les dires de l'artisan rapporté par Le Point.
 

La sœur de MBS a-t-elle bénéficié d'un traitement de faveur ?

En août 2018, la juge d'instruction a décidé de renvoyer la princesse devant le tribunal correctionnel pour complicité de violences volontaires avec usage ou menace d'une arme, complicité de séquestration et vol d'un téléphone portable, a précisé la source judiciaire.

Selon Le Point, Hassa bint Salmane aurait bénéficié d'un rare traitement très complaisant. Rapportant le réquisitoire de la cour d'appel de Paris à l'encontre du procureur de la République de Paris (qui était alors François Molins), ils citent : "Ce traitement d'exception a permis à l'un des auteurs potentiels d'échapper à la justice française avant même que la lumière ne soit faite sur les circonstances de commission des infractions dénoncées et alors que son témoignage était particulièrement crucial." Et d'ajouter : "De tels événements sont de nature à donner le sentiment aux personnes impliquées qu'elles sont au-dessus des lois de la République."

Son garde du corps a aussi été mis en examen le 1er octobre 2016 et doit être jugé pour sa part des chefs de vol, violences volontaires avec usage ou menace d'une arme et séquestration.
 

Des précédents parmi les membres de la famille royale

Ce n'est pas la première fois que la famille royale saoudienne a des démêlées avec la justice française. En mars 2013, cette dernière avait ordonné la saisie conservatoire de biens acquis en France par Maha al-Sudaïri, épouse répudiée de l'ancien prince héritier Nayef ben Abdelaziz Al Saoud (décédé en juin 2012), en raison d'impayés.

Celle-ci avait fait parler d'elle lors d'un séjour à Paris, entre le 22 décembre 2011 et le 17 juin 2012, en tentant de quitter l'hôtel de luxe Shangri-La en compagnie de sa suite d'une soixantaine de personnes, laissant au passage une ardoise de près de 6 millions d'euros.
 

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