Une trentaine de Parisiens dansent dans la rue à Montmartre : "Le but n’était pas de créer un rassemblement"

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Écrit par PDB

Après plus d’un mois de confinement, quelques habitants du 18e arrondissement ont décidé de danser dans la rue, avant d’être vite interrompus par la police. Des images insolites, toutefois à nuancer.

La scène, survenue samedi vers 20h dans le 18e arrondissement de la capitale, semble surréaliste : un rassemblement de Parisiens en train de danser sur le morceau Monday, Tuesday... Laissez-moi danser, chantée par Dalida, et ce en plein confinement. Les images ont été postées sur Twitter par Corentin Chrétien-Droz, un journaliste, avec comme commentaire : "Le 18ème vient officiellement de s’auto-déconfiner (et il aimerait qu’on le laisse danser)". De quoi provoquer de nombreuses réactions de la part d’internautes. Dimanche dans l'après-midi, le post original avait déjà été retweeté près de 17 000 fois. Parmi un total de plus de 3 000 commentaires en réaction à la publication originale, certains se disent "dégoûtés" face au contexte de crise sanitaire, tandis que d’autres ironisent, jugeant très calme la réaction des forces de l’ordre comparativement à certaines interventions violentes relayées ces derniers jours dans certains quartiers de la région parisienne.

"La police a mis fin à la musique avant même que Dalida ait fini de chanter"

D’après le témoignage de Corentin Chrétien-Droz, toujours via Twitter, la police est ceci dit intervenue rapidement, mettant fin à la danse : "Une minute après mon arrivée, la police a mis fin à la musique avant même que Dalida ait fini de chanter." De son côté, la préfecture de police de Paris a confirmé l’intervention, sur Twitter ce dimanche, appelant à respecter le confinement : "Samedi vers 20h, les policiers du 18ème sont intervenus pour faire cesser la musique diffusée par un résident, ayant engendré le regroupement de nombreuses personnes venues danser dans la rue, au mépris des règles de distanciation sociale". Corentin Chrétien-Droz nuance par ailleurs fortement l’ampleur de la scène, face à la "violence" de certaines réponses : "Le 18ème est très confiné. Il s’agissait de 20-30 personnes dansant sous un balcon plus des badauds ébahis." Si certaines images largement diffusées sur les réseaux sociaux laissent parfois penser que de nombreux habitants de Paris – une ville avec par ailleurs une densité démographique forte – ne respectent pas rigoureusement les restrictions de déplacements, les rues de la capitale restent globalement désertes depuis la mise en place du confinement.

Des morceaux diffusés depuis le balcon d’un habitant

Pour ce qui est de la musique, les morceaux étaient en fait diffusés par un habitant qui relaie ses DJ sets sur un compte Instagram, DiscoBalcons. Les événements, organisés depuis son logement, étaient jusqu’ici répétés tous les vendredis et samedis. Il raconte l’intervention dans ses stories Instagram : "Nos chères forces de l’ordre sont montées. Ils ont été hyper cools, vraiment pas de soucis, puisque je leur ai répété que le but n’était pas de créer un rassemblement. C’est la première fois qu’il y a autant de monde au balcon."

Je n’ai pas demandé aux forces de l’ordre de venir chaque semaine pour vous disperser

"Je n’ai pas demandé aux forces de l’ordre de venir chaque semaine pour vous disperser, en bas, c’est pas le but", poursuit l’habitant. Il explique ne pas avoir reçu directement une contravention, mais un avertissement. Soulignant que les équipes de policiers se sont montrées "très indulgentes et compréhensives", lui rappelant qu’il n’y "avait pas de soucis pour mettre de la musique tant que c’est entre balcons, entre voisins", le jeune homme précise qu’il ne diffusera à partir de maintenant qu’"une chanson ou deux aléatoirement dans la semaine", pour éviter d’éventuels nouveaux regroupements.