Un homme tué par balle à Paris: un sympathisant d'extrême droite mis en examen

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Écrit par Elie Saïkali avec AFP

Un quinquagénaire, connu pour sa proximité avec des thèses d'extrême droite et d'opposition à la politique sanitaire, a été mis en examen lundi pour "meurtre", soupçonné d'avoir tué par balle un jeune homme après une rixe à Paris samedi. Il a été placé en détention provisoire.

Dans la nuit de vendredi à samedi, aux alentours de 3h00 sur le boulevard de Clichy dans le 17e arrondissement, "à la suite d'un différend opposant plusieurs individus sur la voie publique, un homme a été victime d'un tir par arme à feu", avait rapporté une première source policière.

La victime est décédée sur place et le suspect, Martial L. a pris la fuite en voiture avant d'être rapidement localisé puis interpellé.

Bagarre

Selon les premiers éléments de l'enquête, une bagarre opposait sur le terre-plein plusieurs personnes quand un automobiliste, âgé de 50 ans, a stoppé sa voiture pour aller à leur rencontre, a expliqué une seconde source policière. L'un des participants à la rixe lui aurait intimé de "dégager". Le conducteur a alors sorti une arme et lui a tiré dans la tête avant de reprendre le volant, selon cette même source. Contacté, son avocat n'a pas souhaité s'exprimer.

"L'un des enjeux de l'instruction va être la question du mobile raciste, vu le profil du suspect, qui aurait fait un appel à la violence raciale quelques heures avant les faits", a réagi auprès de l'AFP Me Avi Bitton, avocat de la famille de la victime, âgée de 27 ans et vivant à Poissy (Yvelines), de nationalité française et d'origine marocaine et espagnole.

Connu de la justice

Selon une seconde source policière, le mis en cause est adepte des thèses complotistes et antisémites. Il s'était distingué en septembre 2020 en perturbant l'émission "Balance ton post!" animée par Cyril Hanouna sur C8 en tenant des propos véhéments et confus sur la politique sanitaire en France.

Dans des vidéos plus anciennes mises en ligne intitulées "Sauvez-la-France" ou "Immigration non voulue par les Français", il se dit notamment pour "le parti de (Alain) Soral et Dieudo(nné)", l'essayiste et le polémiste tous deux condamnés pour propos antisémites.

Cet homme, qui a passé une partie de sa vie au Japon, est connu de la justice.

Selon une source proche du dossier, il était inscrit au fichier des personnes recherchées. Dans un tweet samedi, le maire de Poissy Karl Olive a demandé "au ministre de l'intérieur de faire toute la lumière" et présenté ses "condoléances à la famille du quartier Clos-Miroir".