Covid-19 : manque de traitements préventifs dans les hôpitaux parisiens pour les personnes greffées

En France, 130 000 malades ne seraient pas protégés par le vaccin anti-covid. C'est le cas notamment des personnes greffées du rein. Seul espoir pour elles de retrouver une vie normale, un traitement préventif à base d'anticorps de synthèse. Mais tous les hôpitaux ne le proposent pas.

"Dès le début de la pandémie, j’ai décidé de m’enfermer à la campagne, car je fais partie des personnes fragiles, à risque et immunodéprimées". Ian Laure fait partie des 130 000 personnes en France qui, malgré le recours au vaccin contre le Covid ne développent pas d’anticorps assez solides pour les protéger du virus. Cette professeure d’université parisienne a subi en 2014 une greffe du rein et son traitement antirejet lui procure une faible immunité face au virus. 

Elle n’a développé aucun anticorps malgré s’être vu administrer trois doses de vaccin. "Dans la population des patients ayant été transplantés d’un organe solide, un tiers ne développent pas d’anticorps anti-covid, car leur système immunitaire est compromis par leurs médicaments antirejet", explique le professeur Alexandre Hertig, spécialiste des maladies pulmonaires à l’Hôpital Foch. 

Un traitement à base d’anticorps de synthèse pour les personnes immunodéprimées

Pour protéger les personnes immunodéprimées contre le coronavirus, des laboratoires ont développé des traitements à base d’anticorps de synthèse. "Ces anticorps sont humanisés et perfusés afin de couvrir le risque infectieux", précise le professeur. 

Suite à l’administration du traitement, ceux-ci se fixent sur le virus pour le détruire et permettent aux globules blancs d’empêcher les formes graves de la maladie. "Si cela fonctionne, ce sera une façon pour moi de retrouver une certaine liberté", assure Claude, un patient qui a bénéficié de sa première perfusion.

« On observe une très grande inégalité de traitement »

Malgré le développement progressif de ce traitement, de nombreux patients immunodéprimés n’ont toujours pas accès à ces médicaments. Une situation que dénonce l’association Renaloo qui regroupe des patients atteints de maladies rénales. "Certains patients n’y ont pas accès selon le lieu où ils se trouvent. D’autres ne sont pas informés de l’existence de cette solution tandis que des patients se voient tout simplement refuser ce traitement à cause d’un manque d’organisation de la part du personnel médical ou d’un refus pur et simple de leur administrer", constate l’une des représentantes de l’association Magali Léo. 

Dans une circulaire datant du 6 août 2021, la Haute Autorité de Santé recommande la prescription de ce traitement à titre préventif. L’AP-HP a évalué les besoins de ses hôpitaux quant au recours à cette thérapie. "Ils se situent à plus de 10 000 patients pris en charge dans une dizaine d’hôpitaux de l’AP-HP". L'établissement public ajoute qu'aux besoins des personnes immunodéprimées pour ce traitement s'ajoute ceux des traitemnts en post-exposition et les traitements curatifs. Aujourd’hui, l’Assistance Publique des hôpitaux de Paris estime ses ressources à "un peu moins de 2500 traitements toutes présentations et indications confondues".                                  

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