Viols en série en forêt de Sénart : l'accusé de nouveau devant les assises

A l'issue d'une longue et tortueuse enquête qui aura duré près de vingt ans, Aïssa Zerouati, surnommé le "violeur de la forêt de Sénart" a été arrêté et mis en examen fin 2015.

En première instance, il avait été condamné à vingt ans de réclusion criminelle: celui que l'on a baptisé le "violeur de la forêt de Sénart" est rejugé en appel à partir de demain mardi à Paris pour une série de viols ou tentatives de viol qu'il nie catégoriquement.

Le 8 octobre 2020, au terme de quatre semaines d'un procès éprouvant, la cour d'assises d'Evry avait reconnu Aïssa Zerouati, un père de famille de 46 ans apparemment sans histoire, coupable de la plupart des faits qui lui sont reprochés. Lors de ses réquisitions, l'avocat général Marc Mulet avait demandé vingt ans de prison contre l'accusé, en insistant sur les preuves matérielles accumulées par les enquêteurs, notamment des traces de sperme et de sang prélevées sur la moitié de ses victimes. "Face à l'ADN, il y a très peu de chances de s'en sortir", avait alors souligné le magistrat.

Tout au long des débats, Aïssa Zerouati avait opposé aux plaignantes son impassibilité et clamé son innocence. "Je suis victime d'une erreur judiciaire", avait répété l'ancien chauffeur de bus. L'accusé avait fait appel du jugement, tout comme le parquet général.

Cinq année d'effroi

A la veille de son nouveau procès, Aïssa Zerouati "conteste toujours les faits", a indiqué à l'AFP son conseil, Me Gabriel Dumenil, qui fait valoir que les "prélèvements ADN sont très anciens" et que les techniques utilisées dans les années 90 "étaient très peu fiables". Il reproche également aux enquêteurs "d'avoir raccroché artificiellement des faits" en imputant une trentaine de victimes à son client "alors que son ADN a été retrouvé 16 fois".

Le "violeur de la forêt de Sénart", comme l'avait surnommé la presse à l'époque des faits, avait semé l'effroi de 1995 à 2000 en agressant joggeuses et promeneuses, certaines âgées ou enceintes, parfois sous la menace d'une arme. Coiffé d'un casque de moto intégral qu'il n'ôtait jamais, il simulait une panne de son deux-roues sur des chemins peu fréquentés de la vaste forêt de Sénart, en Essonne, et se jetait sur les femmes qu'il avait repérées quand elles le dépassaient. Une fois ces femmes maîtrisées à coups de poing, il exigeait de ses victimes fellation ou masturbation ou les violait.

Nouvelle technique d'analyse

A l'issue d'une longue et tortueuse enquête qui aura duré près de vingt ans, Aïssa Zerouati a été arrêté et mis en examen fin 2015, confondu par son ADN. Faute de preuves et d'éléments probants, les investigations avaient été closes une première fois en 2005 puis rouvertes près de dix ans plus tard. Une nouvelle technique d'analyse génétique avait alors permis d'identifier l'ADN d'Aïssa Zerouati.

Le procès en appel devrait durer quatre semaines, pour un verdict rendu le 22 octobre.

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