Le père d’Estelle Mouzin demande aux médias de ne pas divulguer "les détails les plus cruels" sur l'affaire

A trois jours de la confrontation entre Michel Fourniret et Monique Olivier à Guermantes (Seine-et-Marne), Eric Mouzin s’exprime dans un communiqué. On ne doit pas permettre aux criminels de "se délecter" du récit de "leurs crimes".
 

© PATRICK KOVARIK / AFP
Le communiqué envoyé par l’Association Estelle, et signé par Eric Mouzin, s’intitule « Respect ». Dans ce document le père d’Estelle Mouzin lance un "appel urgent et solennel" aux médias "pour relever le défi éthique qui s'impose à eux pour assurer une information juste et complète, dans le respect du souvenir de tous ces enfants victimes".

Si le père de la fillette affirme avoir "apprécié" le "rôle important joué par les médias au cours de ces 17 dernières années", il leur demande de la retenue. "Divulguer aujourd'hui les détails les plus cruels de leurs crimes tels qu'évoqués lors des d'audition ou transformer leurs vies en fictions quasi romanesques revient à permettre à ce couple de criminels de poursuivre son œuvre de mort en amplifiant la diffusion des atrocités qu'ils ont commises""Porter à la connaissance du public (et parfois des plus jeunes) les circonstances dans lesquelles ces crimes ont été perpétrés, répand encore plus largement le traumatisme et fait de nous tous des voyeurs".

Une confrontation prévue le 15 octobre

Ce message survient trois jours après une nouvelle audition, au tribunal de Paris, de Monique Olivier par la juge d’instruction en charge de l’enquête, et alors qu’une confrontation entre les deux ex-époux est prévue ce jeudi à Guermantes, là où la fillette de 9 ans avait été enlevée entre son domicile et l’école. Un autre face à face sera organisé dans les Ardennes à la fin du mois.

"Depuis quelques mois, l'instruction menée par la juge Sabine Khéris a permis la mise en examen de deux suspects (qui ne méritent pas d'être nommés). Des éléments d'enquête qui figurent dans les procès-verbaux d'audition se trouvent portés à la connaissance de certains journalistes dans des délais étonnamment courts. Il ne s'agit pas ici, de remettre en question la liberté de la presse et la protection des sources, cependant nous espérons que ces « fuites » ne seront pas préjudiciables à la poursuite de l'enquête", indique Eric Mouzin. "L'affaire ESTELLE MOUZIN", est devenue au fil des années un sujet d'actualité. Mais pour nous, parents et famille, il s'agit de l'assassinat de notre enfant".

En août dernier, Monique Olivier, avait déjà accusé son ex-mari du meurtre de la fille. Devant la magistrate, elle avait précisé que Michel Fourniret avait séquestré, violé et tué Estelle Mouzin dans une maison, à Ville-sur-Lumes (Ardennes) et qu'il était rentré à leur domicile vers 4h30 du matin. Les enquêteurs se concentrent désormais sur des dizaines de messages qui auraient été échangés entre le tueur en série et son ex-femme entre le moment de la disparition de la petite fille vers 18 h jusqu'au retour de Michel Fourniret au domicile.

"Lors des audiences de l'époque, l'un des criminels s'est délecté de pouvoir détruire encore plus les familles de victimes en détaillant les conditions dans lesquelles il avait commis ses crimes avec un grand plaisir à loger des descriptions morbides et traumatisantes dans leurs esprits. Parce qu'il est indispensable de rappeler le sujet: il s'agit du viol de très jeunes enfants par un pervers particulièrement redoutable", commente Eric Mouzin. L’orgre des Ardennes avait de son côté avoué en mars à la juge, sa responsabilité dans l'affaire: "Je reconnais là un être qui n'est plus là par ma faute". Il a été mis en examen en novembre pour "enlèvement et séquestration suivis de mort".

Fin juin des fouilles avaient été conduites dans la maison à Ville-sur-Lumes, qui avait appartenu à la sœur défunte de Fourniret, ainsi que le château du Sautou, ancienne propriété du tueur. Elles n’avaient toutefois pas permis de retrouver des traces de la fillette.


 
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