Policiers attaqués devant la cathédrale Notre-Dame : Farid Ikken jugé à partir du 12 octobre

Le procès de cet étudiant algérien s’ouvre ce lundi devant la cour spéciale de Paris. Il est poursuivi pour avoir attaqué des policiers au marteau sur le parvis de la cathédrale le 6 juin 2017. Les juges tenteront de comprendre les raisons de son basculement dans le radicalisme.
 

Le 6 juin 2017, 3 policiers sont attaqués au marteau sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Le 6 juin 2017, 3 policiers sont attaqués au marteau sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris. © Louise MERESSE / MaxPPP/Newscom/MaxPPP
Le 6 juin 2017, le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris est paisible. Une vidéo de télésurveillance enregistrée dans l'après-midi montre des petits groupes de touristes déambulant sac au dos, sous le regard de trois policiers en uniforme.
 

C’est pour la Syria

Farid Ikken

Il est précisement 16 heures 19 quand un homme bondit et tente de frapper un policier avec un marteau en criant "C'est pour la Syria !" Le policier légèrement blessé à la tête et un de ses collègues ouvrent le feu. Touché au thorax, l'assaillant, Farid Ikken, est neutralisé et arrêté.
 

Dans son sac, les agents découvrent un ordinateur et des clés USB remplis de propagande djihadiste et deux couteaux de cuisine de 18 et 26 cm de long. A son domicile, situé dans une résidence étudiante à Cergy dans le Val-d'Oise, les enquêteurs saisissent un appareil photo contenant une vidéo enregistrée la veille de l'attaque dans laquelle il prête allégeance à l'Etat Islamique et annonce: "C'est l'heure de la vengeance, c'est l'heure du djihad".

Farid Ikken qui a reconnu les faits est aujourd’hui poursuivi pour "tentative d'homicides volontaires avec préméditation sur des personnes dépositaires de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste".

Acte politique ou radicalisme religieux ?

Les juges de la cour spéciale de Paris devront comprendre les raisons qui ont poussé cet homme âgé de 43 ans aujourd'hui, étudiant diplômé et jusque là sans histoire, à passer à l’acte. 

En 2017, la France participe aux bombardements contre l'Etat Islamique à Mossoul, la grande ville du nord de l'Irak alors tenue par les djihadistes. Les combats qui ont duré neuf mois, feront près de 10 000 morts parmi les civils. La France était en alerte après une série d'attaques ou tentative d'attentats visant notamment les forces de l'ordre et des lieux symboliques de la capitale. Quelques mois auparavant, en avril 2017, un policier est tué par balles sur les Champs-Elysées, un acte revendiqué par le groupe Etat islamique que la France combat alors avec ses alliés occidentaux en Syrie et en Irak.

Farid Ikken nie avoir voulu tuer le policier et parle "d’acte de résistance politique". Il dit avoir voulu blesser le policier pour "attirer l'attention de l'opinion publique française sur le massacre de (ses) petits frères et sœurs à Mossoul et en Syrie par l'armée française".

Maître Thibault de Montbrial, l'avocat d’un des policiers blessés souhaite que Farid Ikken avoue sa volonté de tuer "qui ne fait aucun doute et doit être reconnue". "Mon client espère que l'accusé reconnaîtra la tentative d'homicide. Jusqu'ici, il la conteste et prétend qu'il a seulement voulu blesser des policiers pour attirer l'attention de l'opinion. Son travail de préparation et de propagande dans les jours qui précédent l'attaque signe pourtant un acte d'une toute autre dimension !", a t-il déclaré dans une interview au Figaro.

Un profil atypique

Né en Algérie dans une famille kabyle nombreuse et "peu pratiquante religieusement" selon les enquêteurs, Farid Ikken y a obtenu le baccalauréat puis une licence avant de partir en Suède en 2001, où il décroche un master de journalisme. Il se marie avec une Suédoise. Après avoir divorcé, il rentre en Algérie et travaille pour le quotidien El Watan. Il arrive en France en mars 2014 pour entamer une thèse de doctorat que l'attaque a interrompue. Son directeur de thèse, comme l'ensemble de ses proches, ont exprimé leur incompréhension face à cet acte. Nul n'avait repéré la radicalisation de Farid Ikken décrit comme assez isolé.
                       
 
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