Policiers brûlés à Viry-Châtillon: le parquet fait appel des condamnations et des acquittements

Le parquet général de Paris a fait appel ce mardi 10 décembre du verdict de la cour d'assises des mineurs de l'Essonne, qui a condamné la semaine dernière huit accusés et en a acquitté cinq autres pour l'agression de policiers à Viry-Châtillon en 2016.
Le procès en appel a lieu au palais de Justice d'Evry à partir de lundi.
Le procès en appel a lieu au palais de Justice d'Evry à partir de lundi. © BERTRAND GUAY / AFP
Mercredi dernier, huit des 13 accusés ont été condamnés à des peines allant de 10 à 20 ans de réclusion par la cour d'Assises de l'Essonne. Ils étaient jugés à huis clos pour avoir brûlé quatre policiers dont deux grièvement, en incendiant leurs véhicules près de Paris.

Au procès, qui s'est tenu à Evry pendant sept semaines, le parquet avait requis une condamnation pour les treize accusés, dont trois étaient mineurs au moment des faits, demandant des peines allant de 20 à 30 ans de réclusion criminelle,

C'est de l'acharnement judiciaire

a réagi Me Arnaud Simonard après l'annonce de l'appel du parquet. Son client a été acquitté. "Mon client est innocent, il a été acquitté après des semaines de débats minutieux. Un autre procès aboutira au même résultat".

D'autres accusés, dont certains avaient dénoncé par la voix de leurs conseils un "verdict médiatique", ont déjà fait appel.

Les avocats des policiers avaient eux qualifié le verdict d'"incompréhensible".

La décision de la cour était porteuse d'une vraie contradiction, entre la gravité du crime et des peines qui ne tiraient pas les conclusions de cette gravité,

a réagi ce mardi Me Thibault de Montbrial, saluant l'appel du parquet.

Les 13 accusés, âgés aujourd'hui de 19 à 24 ans, seront donc rejugés pour tentative de meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique. Le procès devrait se tenir dans un délai d'un an.

Rappel des faits
Le 8 octobre 2016, deux voitures de police stationnées à proximité de la Grande Borne, considérée comme l'une des cités les plus sensibles d'Île-de-France, avaient été prises d'assaut en plein jour par une vingtaine de jeunes. En quelques secondes, ils avaient brisé les vitres et jeté dans l'habitacle des cocktails Molotov. Dans une première voiture, un adjoint de sécurité, âgé aujourd'hui de 31 ans, et une gardienne de la paix, 42 ans, avaient été grièvement blessés. Dans l'autre voiture, les deux agents étaient parvenus à sortir malgré le cocktail Molotov tombé sur la banquette arrière. Ils ont été blessés plus légèrement.
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
justice société faits divers