Pour l'élu FN, Jean-Lin Lacapelle, la réforme du code du travail “est clairement un cadeau au Medef”

© IP3Press/MaxPPP
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Samedi 20 février, Jean-Lin Lacapelle était l'invité de Samedi Politique. Ce conseiller régional FN, ancien cadre chez l'Oréal juge que la réforme du code du travail est "un cadeau au Medef". Il détaille la stratégie économique du FN à destination des TPE et PME. Garantie sans marketing. Ou presque.

Par Daic Audouit

Promis, il ne recommencera plus. 

Maladresse sémantique

Jean-Lin Lacapelle était l'invité de Samedi Politique sur France 3 Ile-de-France. Ce conseiller régional d'Ile-de-France vient d'être nommé secrétaire national en charge des fédérations. Une sorte de super DRH pour le Front national, avec la mission de "professionnaliser" la campagne militante pour la présidentielle de 2017. 

Lors d'une récente interview, cet homme, qui vient du monde l'entreprise et dont le dernier poste était chez l'Oréal, a utilisé le vocabulaire du marketing pour évoquer la vie politique. Il a été recadré par Marine Le Pen jugeant ce type de mots inapproprié.


"J'ai eu ma première leçon de vocabulaire. On apprend à tout âge", plaisante Jean-Lin Lacapelle.  "C'était une analogie sortie de son contexte. Peut-être une maladresse de ma part".  

Il souligne que c'est son engagement au FN depuis 30 ans et non son passé professionnel qui justifie sa promotion. "J'ai peut-être un certain nombre de compétences et de méthodes qui peuvent rendre service aujourd'hui pour renforcer, performer et optimiser les structures", rechute-t-il, avant de reprendre dans un langage moins cadre dynamique. "Mon boulot est de faire en sorte que le dispositif électoral et fédéral soit à la disposition de Marine Le Pen et le plus efficace possible", conclut-il sur ce sujet. 

Cadeau au Medef

Jean-Lin Lacapelle précise bien qu'il répond comme élu du FN et non comme ancien salarié de grands groupes industriels quand on l'interroge sur le projet de loi sur la réforme du code du travail

"Cette réforme semble clairement un cadeau fait au Medef. Les grandes oubliées sont les TPE et les PME qui sont le poumon de l'emploi. C'est ici que nous estimons que la lutte contre le chômage pourarr trouver des solutions. Ce projet de loi ne nous semble pas le bon procédé pour redresser l'économie française", commente-t-il. Il évoque "un risque de précariser plus nos salariés", concède que "le principe d'un référendum et de donner la parole aux salariés est une bonne chose", mais regrette que cela concerne les entreprises avec une représentation syndicale. 

Rien à sauver dans le projet El-Khomri ? On le pousse un peu, tentant de retrouver les habits de l'ancien directeur de l'Oréal sous l'écharpe de l'élu régional. "Sur la durée du travail, nous sommes pour un assouplissement et des accords de branche et des accords d'entreprise de manière à ce que les petits entrepreneurs puissent avoir cette flexibilité nécessaire pour réguler le travail par rapport à leur carnet de commandes", estime-t-il. "Nous soutenons ce principe mais nous pensons que c'est très mal articulé dans le projet de loi", ajoute-t-il.

Cap sur les PME et les TPE

Les PME et les TPE sont donc la nouvelle cible du FN. Vendredi à Taverny, Marine Le Pen a lancé le collectif "Croissance bleu marine". "Il a pour objectif de faire rayonner un certain nombre de nos entrepreneurs et de les mettre autour d'une table et de faire en sorte que nous puissions partager et définir un projet économique et présidentiel ensemble", explique Jean-Lin Lacapelle

"Les TPE et les PME attendent une baisse de la fiscalité, une simplification administrative et un patriotisme économique",esquisse-t-il. "Voilà des mesures simples que le gouvernement devrait prendre en compte et qui pourraient générer des emplois supplémentaires. Une fois de plus, on ne prend pas le taureau par les cornes", poursuit-il

Jean-Lin Lacapelle qui reconnaît que le programme économique du FN est "mal connu de nos compatriotes". Il fait partie de ceux, qui au FN, avaient souhaité que l'on parle un peu moins de la sortie de l'Euro. Un débat tranché lors du séminaire des cadres du parti à Etiolles. La sortie de l'Euro, mais "pas brutalement" est toujours d'actualité.

"Nous ne pouvons que nous associer à la démarche de David Cameron", réagit Jean-Lin Lacapelle, interrogé sur le compromis trouvé hier soir à Bruxelles sur le Brexit. Le Fn qui réclame un "Franxit". "Le Royaume-Uni est un pays qui a le contrôle de ses frontières. Il a le contrôle de son budget et son indépendance bancaire. C'est exactement le modèle dans lequel nous voulons nous inscrire", explique le conseiller régional d'Ile-de-France.

Avantage concurrentiel

Comment voit-il l'année 2016 alors que Marine Le Pen s'est astreinte à une diète médiatique. Pourquoi le FN n'organiserait-il pas une primaire ? "Nous avons la chance d'avoir une candidate légitime", répond Jean-Lin Lacapelle. "C'est un avantage concurrentiel extrêmement important par rapport à nos concurrents qui vont passer leur temps à s'écharper et à se déchirer, et ça va durer encore de longs mois", ironise-t-il. 

"Nous avons la chance de ne plus avoir le problème des 500 signatures, qui nous sont acquises. Une candidate légitime au yeux du mouvement qui va pouvoir faire une campgne de fond pendant 15 mois. C'est un avantage concurrentiel important", répète-t-il.

Chassez le naturel entrepreneurial, il revient au galop du vocabulaire.....

Samedi Politique avec Jean-Lin Lacapelle

Samedi Politique avec Jean-Lin Lacapelle



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