A quelques jours de Noël, le marché de Rungis n'est pas à la fête

Au marché de Rungis à quelques jours de Noël / © IP3 PRESS/MAXPPP
Au marché de Rungis à quelques jours de Noël / © IP3 PRESS/MAXPPP

A douze jours de Noël, Rungis, le ventre de Paris, qui distribue des produits frais venus de toutes les régions de France et du monde entier, n'est pas à la
fête. Chapons, huîtres, homards attendent le chaland. La grève contre la réforme des retraites perturbe la distribution.
 

Par EH/AFP

Les grèves et manifestations contre la réforme des retraites perturbent la restauration et pourrainet réduire la consommation de produits frais en Ile-de-France en cette période de Noël, cruciale pour le marché de gros qui dessert 18 millions de personnes.
Le marché de Rungis ne souffre pas de problème d'approvisionnement jusqu'à présent, les stocks débordent. Ce sont les clients qui manquent à l'appel. Raisons invoquées : la saturation du trafic routier qui découragent les restaurateurs et les primeurs et l'annulation de salons ou de conventions.

"Zéro pré-commandes d'huîtres ou de homards, c'est le néant cette année". Véronique Gillardeau, ostréicultrice en Charente Maritime et nouvelle patronne de la maison Blanc, l'un des principaux grossistes en coquillages du marché, ne cache pas  son inquiétude.

Dans le hall des volailles de Rungis, chapons et foie gras sont au rendez-vous, mais certaines dates limite de consommation sont presque dépassées. Des volailles restent sur le carreau, invendues. "Du jamais vu à cette période de l'année", selon un grossiste en volaille.

Nous avons besoin de 30% de temps en plus pour faire les tournées en raison des embouteillages, et nous avons une forte baisse des commandes

 explique Florence Hardy, présidente de la maison Medelys qui alimente les chefs de cuisine de restaurants gastronomiques. "Ce qui est inquiétant, c'est que c'est la deuxième année et les clients partis ne reviennent pas toujours": l'an dernier, le mouvement des gilets jaunes lui avait fait perdre "12 à 14% de son chiffre d'affaires en novembre et décembre".


Stéphane Layani, président du marché, note que l'an passé, Rungis a maintenu son chiffre d'affaires malgré les gilets jaunes. "La dernière semaine de décembre a tout rattrapé", se rappelle-t-il. "Cette année, c'est surtout le secteur de la restauration parisienne haut de gamme qui est touché, et tous les dîners de gala annulés ici et là."


Rungis a activé une cellule de crise, dirigée par le directeur du marché Dominique Battani. Elle est chargée de veiller aux approvisionnements en cette période de grève.
    

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