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Un rappeur appelle à “pendre les Blancs” : une enquête ouverte par le parquet de Paris

Le rappeur Nick Conrad est poursuivi par la justice pour sa chanson "PLB". / © Capture d'écran Youtube.
Le rappeur Nick Conrad est poursuivi par la justice pour sa chanson "PLB". / © Capture d'écran Youtube.

L'affaire suscite une vague d'indignation sur les réseaux sociaux. Le parquet de Paris ouvre une enquête après la diffusion d'un clip sur internet. La chanson signée d'un certain Nick Conrad appelle "à pendre les blancs". 
 

Par Aude Blacher

Il y a les paroles de la chanson : "Je rentre dans des crèches je tue des bébés blancs, attrapez-les vite et pendez leurs parents, écartelez-les pour passer le temps divertir les enfants noirs de tout âge petits et grands. Fouettez-les fort faites-le franchement, que ça pue la mort que ça pisse le sang", scandée par le rappeur Nick Conrad dans sa chanson "PLB" ("Pendez les blancs"). Et puis le clip, inspiré du film American history X, qui met en scène l'humiliation et la mise à mort d'un homme blanc pendant dix longues minutes. 

Sorti le 17 septembre dernier, le clip du rappeur Nick Conrad, originaire de Noisy-le-Grand (93), était jusqu'ici passé inaperçu. Mais depuis ce matin, les réactions indignées se multiplient sur les réseaux sociaux. Jusqu'à susciter un tollé au sein du gouvernement et dans la classe politique. Et aboutir à l'ouverture d'une enquête pour "provocation publique à la commission d'un crime ou d'un délit" par le parquet de Paris. 
 

"Des propos abjects et des attaques ignominieuses"

"C'est totalement inadmissible des paroles comme cela. En plus lorsqu'on est rappeur on a des jeunes parmi ses auditeurs et donc, petit à petit, cela imprime les esprits et donc c'est comme cela qu'on aboutit ensuite aux pires perversions de notre société", a estimé le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, lors d'un déplacement à Tourcoing (Nord). Sur Twitter, le ministre avait déjà dénoncé des "propos abjects" et des "attaques ignominieuses". 
"Le gouvernement condamne avec la plus extrême fermeté les paroles haineuses et écoeurantes de @jazzconrad. Ceux qui les diffusent portent une lourde responsabilité et doivent réagir au plus vite", a tweeté de son côté le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.
Le clip a également été dénoncé par le député de l'Essonne et président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan qui demande des poursuites à l'encontre du rappeur. 
La Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah, rattachée au Premier ministre) a également affirmé avoir saisi le Procureur de Paris pour "incitation à la haine raciale". "L'appel au meurtre raciste du clip de Nick Conrad est abject et d'une violence inouïe. La liberté de création, ce n'est pas la liberté d'appeler à pendre des Blancs à raison de la couleur de leur peau", a de son côté réagi la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), qui dit elle aussi avoir "saisi la justice".
Les investigations lancées par le parquet ont été confiées à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). Les faits sont passibles d'une peine maximale de 5 ans de prison et de 45.000 euros d'amende. De son côté, YouTube a annoncé avoir retiré la vidéo du clip de sa plateforme. Mais elle est régulièrement remise en ligne par d'autres comptes.
 

Inversion "des rôles" selon Nick Conrad

Après le lancement de cette polémique, le rappeur s'est exprimé auprès de nos confrères de RTL. "J'ai inversé les rôles", a-t-il justifié, au sujet de son morceau. "Je ne cherchais pas le buzz, ce clip est supposé amener à réfléchir et pas rester en surface. Je ne comprends pas les gens qui ne vont pas chercher en profondeur", explique le rappeur.

Nick Conrad, qui dément tout racisme, ajoute que "80% des gens de l'équipe du clip sont des blancs". Selon le rappeur, le morceau qui agite les réseaux sociaux depuis plusieurs heures serait en réalité "un message d'amour en profondeur, plus qu'un message de haine".

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