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Coulommiers : l'immeuble fissuré a été expertisé

Immeuble de la rue de l'Aitre à Coulommiers / © Philippe Aliès
Immeuble de la rue de l'Aitre à Coulommiers / © Philippe Aliès

Face à l'aggravation des fissures qui arpentent leur immeuble, une dizaine de locataires a évacué les lieux. Un mois après, qu'en est il ? Un arrêté de péril imminent a t-il été pris ?  
 

Par Farid Benbekaï

Leur logement est à peine plus grand que celui qu’ils ont évacué. Une chambre parentale, avec vue sur la route nationale. Coté enfants, on se partagent une pièce de 10 mètres carrées.
Il a fallu investir dans un lit superposé. Cuisine, scellier, petit séjours, salle de bains.
La solution est temporaire, en attendant de trouver plus grand. 

Cet herbergement, même s'il est temporaire, c’est toujours mieux que de rester dans l'ancien immeuble. On vivait avec la peur au ventre. Les murs pouvaient s’effondrer à tout moment. Selon, Djiad, le père.

Leurs mésaventures commencent mi-décembre, dans un bâtiment situé au milieu d'une zone pavilonnaire de Coulommiers.
6 logements réparties sur 3 étages, loués par des bailleurs privés.
 
Avant Noël dernier, une membre du DAL a averti les pouvoirs publique des fissures de 10 cm. / © Philippe Aliès - France 3 île-de-France
Avant Noël dernier, une membre du DAL a averti les pouvoirs publique des fissures de 10 cm. / © Philippe Aliès - France 3 île-de-France


Petit tour du propriétaire.
On ne se doute de rien, depuis la rue.
C'est en pénétrant dans le hall d'entrée que l'on découvre les premières fissures.
Des saignées de 2 à 3 centimètres serpentent entre portes d'entrées et escalier.
Au fur et à mesure que l'on gravit les étages, les fissures, s'agrandissent.
Au premier : elles atteignent 5 centimètres. Au second, devant la porte d'Elisabetha - locataire d'un studio depuis 10 ans - on a mesuré jusqu'à 15 centimètres.

Vous pouvez même regardez au travers ! On aperçoit la verdure, à l'exterieur du batiment  insiste t-elle depuis le palier.

3 ans que l'immeuble est sous sureveillance.
Un expert a même été dépêché sur place pour un examen approfondie.
Résultat : aucun péril imminent, pas de risques pour les occupants. Sauf que, l'état de l'immeuble s'est aggravé ses derniers mois.
La sècheresse de l'été expliquant en grande partie le phénomène.

Djiad, l'ancien locataire raconte : " A tous les étages, on entendait les bruissements de murs en train de s'écarter. On en dormait plus la nuit.
Devant ma porte, la fissure était si importante que je pouvais y passer mon bras "
.
Avant de poursuivre, exaspèré : " On a aucune nouvelle du syndic de copropriété, pas nouvelles des bailleurs n'ont plus.
Je ne leur jettent pas la pierre, mais faut nous comprendre : on continuent à payer les loyers et les charges, alors que l'immeuble menace de s'effondrer ! "

 


Un bâtiment sur le point de s'effondrer ?


Cela rappelle le drame de Marseilles, que la municipalité de Coulommiers veut éviter.
La mairie réclame donc une expertise en réfèré.
48 heures plus tard, l'expert rend son rapport, que France 3 Paris Île-de-France a consulté : 

Conclusions : aucun péril imminent.
Pas de risque pour les locataires.
L'expert précise : " il n'est pas interdit d'y habiter ".

 
Des témoins sur chacune des fissures permettent de mesurer l’aggravation du sinistre. / © Philippe Aliès - France 3 Paris Île-de-France
Des témoins sur chacune des fissures permettent de mesurer l’aggravation du sinistre. / © Philippe Aliès - France 3 Paris Île-de-France
 
Joint par téléphone, le syndic de copropriété dévoile le cauchemard dans lequel se retrouvent les propriétaires de l'immeuble :


" Ils ont fait de l'investissement locatif et maintenant les voilà embrungués dans une procédure judiciaire interminable.
Le batiment subit des travaux d'aggrandissements.
Force est de constater que rien n'a été fait dans les règles de l'art.
Les fissures résultent de ce chantier qui a mal tourné."


En attendant, la mairie a fait évacuer les lieux.
Un hébergement en HLM a été proposé à chaque locataire.
 

Bien que l'immeuble soit habitable, les bailleurs ont retiré leur logement à la location.
 
 




   





 

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