Prison de Meaux : la députée FI M. Panot dénonce le “manque de moyens“ et les ”bouts de ficelle”

Mathilde Panot, députée France Insoumise du Val-de-Marne, lors de sa visite de la prison de Meaux, le 15 décembre 2017. / © AFP/Alain Jocard
Mathilde Panot, députée France Insoumise du Val-de-Marne, lors de sa visite de la prison de Meaux, le 15 décembre 2017. / © AFP/Alain Jocard

Ce vendredi après-midi, la députée France Insoumise du Val-de-Marne Mathilde Panot a visité la prison de Meaux (Seine-et-Marne). Elle revient sur ce qu'elle y a découvert.

Par LB

C'est la première fois que la députée France Insoumise visite un établissement pénitencier. Une visite qui aura duré trois heures et qu'elle souhaite renouveler "d'ici un an, un an et demi". Au total, une vingtaine de prisons en France est en train d'être visitée par les 17 députés FI, en vue d'un rapport à paraître en 2018.

Qu'avez-vous découvert ?

La première chose qui m'a frappée, ce sont les moyens humains. Le personnel pénitencier essaie de maintenir un peu d'humain, mais avec des bouts de ficelle. Un des surveillants a en charge un étage de 120 détenus et il n'a que 20 secondes à consacrer à chacun. Cela entraîne le non-respect de l'intimité des prisonniers, qui sont déjà punis par la privation de liberté.

La prison de Meaux souffre d'un manque de places et d'un manque de personnel (15 décembre 2017). / © AFP/Alain Jocard
La prison de Meaux souffre d'un manque de places et d'un manque de personnel (15 décembre 2017). / © AFP/Alain Jocard

La seconde chose concerne la politique de la prison en général. Le tout-prison est une aberration ; il faut développer les peines alternatives. D'autant que c'est compliqué pour le personnel de gérer des détenus qui sont là pour des durées différentes. Dans le cadre d'une longue période, on essaie de construire quelque chose (apprendre un métier, valider un diplôme...) ; quand c'est un court passage, c'est compliqué de mettre en place un projet.

Vous vous attendiez à cela ?

La maison d'arrêt est en suroccupation : les détenus sont parfois 3, voire 4, dans une cellule individuelle. Cette promiscuité peut favoriser les incidents et les violences. Et c'est un vrai casse-tête pour le personnel de savoir qui s'entend avec qui afin d'éviter les problèmes. Je savais que les prisons françaises sont surpeuplées, mais je ne pensais pas à ce point-là. C'est impressionnant à voir et oppressant.

Quelles conclusions faites-vous de cette visite ?

Il faudrait limiter la taille des prisons, avec 600 détenus au grand maximum, notamment en développant les peines alternatives et en revenant sur les peines plancher. Au-delà, ça devient une usine et les surveillants n'ont pas le temps de faire leur travail. Le milieu carcéral a aussi besoin de davantage de moyens humains et financiers, ainsi qu'un salaire décent (1.466€ bruts en sortie d'école).

 

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