• SOCIÉTÉ
  • POLITIQUE
  • ECONOMIE
  • SPORT
  • FAITS DIVERS
  • CULTURE

Perpétuité requise en appel contre le faux taxi Bruno Cholet

Illustration de Bruno Cholet, dans le box des accusés, lors de son procès de septembre 2012. / © BENOIT PEYRUCQ / AFP
Illustration de Bruno Cholet, dans le box des accusés, lors de son procès de septembre 2012. / © BENOIT PEYRUCQ / AFP

Une peine de réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de 22 ans, a été requise jeudi contre le faux taxi Bruno Cholet, jugé en appel pour le meurtre en 2008 de Susanna Zetterberg, étudiante suédoise de 19 ans.

Par France 3 Paris, avec AFP

Ces réquisitions sont conformes à la peine prononcée en première instance contre l'accusé, déjà condamné une dizaine de fois pour d'autres faits, dont trois viols commis dans les années 70 et 80. "Les preuves de la culpabilité de Bruno Cholet sont accablantes", a assuré l'avocat général Jean-Paul Content devant la cour d'assises de Seine-et-Marne, évoquant un "crime abominable". "La dangerosité criminalistique de l'accusé n'est plus à démontrer. La justice doit jouer pleinement son rôle de protection de la société" en empêchant "tout nouveau passage à l'acte", a martelé M. Content.

Bruno Cholet est accusé d'avoir enlevé et tué Susanna Zetterberg après l'avoir prise en charge avec son faux taxi le samedi 19 avril 2008 peu avant cinq heures du matin, à la sortie d'une boîte de nuit parisienne. Le corps de l'étudiante a été découvert quelques heures plus tard en bordure de
forêt de Chantilly (Oise) avec quatre balles dans la tête, les mains menottées. Son état, à demi calciné, n'a pas permis d'établir si elle a subi des violences sexuelles.

« Rideau noir »


"La vie de Susanna, tellement riche en promesses, a été pulvérisée en quelques secondes", a souligné l'avocat général, regrettant l'absence d'aveux ou de remords de l'accusé. "Il a tiré un rideau noir sur ce qui s'est passé". Bruno Cholet, 57 ans, avait été interpellé six jours après le meurtre de Susanna, grâce à des images de vidéosurveillance et au fichier des personnes condamnées pour exercice illégal de l'activité de taxi. Lors de la perquisition de son monospace blanc, les enquêteurs avaient retrouvé un sac plastique portant la mention "Susanna 377" et contenant des menottes et un pistolet de calibre 22, avec des traces d'ADN correspondant à celui de la victime. Des preuves que l'accusé, qualifié par les experts de "pervers" et de "psychopathe", mais ne souffrant pas de maladie psychique, attribue à un "complot" fomenté par des policiers, auxquels il aurait refusé de servir d'indicateur.

"Vous êtes, dites-vous, tombé dans un piège, dans un traquenard. Qui, en ayant suivi les débats, peut encore vous croire? Votre explication est grotesque!", a dénoncé Jean-Paul Content. Depuis le procès de première instance, "vous n'avez pas avancé d'un millimètre. Cet appel n'aura servi à rien, sinon à infliger à la famille de Susanna une nouvelle souffrance", a-t-il regretté.

Imperturbable dans son box depuis le début voilà dix jours de son procès, Bruno Cholet n'a semblé vaciller qu'un seul instant, mercredi, après le témoignage du frère et des parents de Susanna. Sans finalement céder d'un pouce sur sa position. "Je suis désolé de cette épreuve qui vous tombe dessus. Mais je vais sans doute vous décevoir: je ne suis pas le meurtrier de votre fille", a assuré le quinquagénaire, voix éraillée et tête baissée. Que s'est-il réellement passé au petit matin du 19 avril? "Pire que la douleur de l'absence", c'est "la douleur des questions sans réponses" qui torture aujourd'hui les parents de Susanna, a expliqué leur avocate, Me Laure Moureu. "A partir de quel moment Susanna a commencé à avoir peur? A partir de quel moment a-t-elle commencé à avoir mal? Nous ne le saurons jamais", a-t-elle insisté, avant de rendre hommage aux parents de l'étudiante, qui n'ont pas "cédé à la haine". "Si je hais cette personne, je vais la faire venir dans mon logement, je serai obligé de penser à elle tous les jours. Et ça, je ne le veux pas", a expliqué son père, Carl Zetterberg.

Sur le même sujet

La compagnie Carabosse enflamme le parc de la Villette

Les + Lus