Seine-et-Marne : l'inquiétude des boulangers face à la flambée des prix de l’énergie

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Écrit par PDB / F. Benbekai / A. Blanchard

Voyant leurs factures d'électricité s’envoler avec des tarifs exorbitants, certains boulangers n'excluent pas de mettre la clé sous la porte. Rien qu’en Seine-et-Marne, une dizaine d’artisans tirent la sonnette d’alarme.

"On vous soutient, surtout ne lâchez rien !", glisse une cliente en achetant sa baguette de pain. A Boissy-le-Châtel, Damien Roussel voit ses nouveaux tarifs d’électricité exploser.

"En janvier 2022, j’étais à 2 416 euros… Pour janvier 2023, c’est 10 200 euros. Là, on arrive presque sur la moitié du chiffre d'affaires du mois", explique l’artisan-boulanger, dont l’enseigne vend 400 baguettes par jour.

En raison des prochaines factures à payer, cette boulangerie est en sursis. Si le gouvernement a lancé il y a un mois un dispositif d’aides censé apporter de l’oxygène aux petites et moyennes entreprises qui font face à la crise de l’énergie, en prenant en charge 25% de la consommation, tout le monde n’y est pas parfaitement éligible.

"Ils nous aident à hauteur de 10%. On arrive à environ 670 euros d’aides sur une facture de 9 000 euros. C’est une misère", déplore Damien Roussel.

"Certains ont fait le calcul : investir dans un groupe électrogène alimenté au fioul leur revient moins cher"

L’artisan est loin d’être le seul concerné. A Pommeuse, dans une autre boulangerie, les gérants découvrent la nouvelle grille tarifaire imposée par leur fournisseur d'électricité. "Ça nous fait une augmentation de 2 000%. Je paierai plus d’électricité que je fais de chiffres d’affaires", s’inquiète Pascal Hubert, artisan-boulanger.

Rien qu’en Seine-et-Marne, une dizaine de boulangeries tirent la sonnette d’alarme et en appellent au médiateur de l’énergie. Et ce alors que beaucoup d’enseignes ont transformé leurs pratiques.

"Il y a quelques années, on nous avait tous incité à changer nos fours pour des fours électriques. Le prix de l’électricité augmente tellement que certains ont fait le calcul : investir dans un groupe électrogène alimenté au fioul leur revient moins cher. C’est une aberration totale", raconte Stéphanie Tiffonnet, de la Maison de la Boulangerie de Seine-et-Marne.

La profession, qui compte sur le soutien des clients, demande de revoir à la hausse le montant des aides et surveiller les tarifs des fournisseurs.

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