Ecole Louis Pasteur : Mobilisation devant le ministère de l'Éducation nationale en soutien aux six enseignants mutés d'office

Publié le Mis à jour le
Écrit par Tom Rousset

Des enseignants et parents d'élèves de cette école élémentaire de Saint-Denis se sont rassemblés ce mercredi devant le ministère de l'Éducation nationale à Paris pour soutenir les professeurs mutés d'office.

Des enseignants et des parents d'élèves de l'école élémentaire Louis Pasteur à Saint-Denis se sont donnés rendez-vous à 14h30 ce mercredi devant le ministère de l'Éducation nationale. Ils entendent protester contre la mutation forcée prévue pour six enseignants de l'établissement. Le cortège demande également à être reçu par le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer.

Enquête administrative

Six professeurs de cette école élémentaire de Seine-Saint-Denis qui en comptent treize au total sont menacés de mutation d'office après les vacances de printemps.

Dans cette école de 300 élèves classée en catégorie rep + des enseignants ont fait remonter "des propos et des comportements inappropriés" de la part de l'ancienne directrice de l'établissement arrivée en septembre dernier déclenchant une enquête administrative menée cet automne par le rectorat de Créteil. Conclusion de ce rapport : 6 professeurs des écoles mutés d'office et une mise en retrait de sa fonction pour la directrice  afin de "restaurer un climat de sérénité propice aux apprentissages" selon la DSDEN. (Direction des services départementaux de l'Éducation nationale).

Maître Anthony Reisberg, avocat de la directrice mise en retrait de sa fonction, dément les propos tenus par certains enseignants : "Il est reproché à ma cliente d'avoir eu un comportement inapproprié. Elle réfute formellement avoir eu un tel comportement", affirme-t-il. "Au contraire, c'est elle qui a été témoin de dérives d'une partie du corps enseignant et qui a, dans l'intérêt des élèves et de l'école républicaine, fait remonter ces dérives à sa hiérarchie", ajoute Maître Reisberg.

Selon lui, "elle a été empêchée d'exercer ses fonctions de directrice" dès son arrivée dans l'établissement, "au nom d'une contestation je dirais presque idéologique du principe même de ses fonctions. D'un refus catégorique de toute forme d'autorité. Elle a eu le courage de ne pas se laisser intimider et a été victime de harcèlement quotidien", rappelant que "sur les quatre derniers directeurs de l'établissement trois ont démissionné".

"Nous n'avons eu aucun échange avec  la direction académique" 

Les six enseignants n'ont pour l'instant aucune information sur leur prochaine affectation.   

"Nous ne savons pas ce qu'il se passera après les vacances et nous n'avons pu avoir aucun échange avec la direction académique à ce sujet", témoigne l'un des enseignants concernés par une procédure de mutation et qui a souhaité rester anonyme. Les 6 professeurs des écoles bénéficient du soutien de plusieurs anciens directeurs et enseignants de l'établissement.

La communauté éducative de l'établissement a par ailleurs été pointée du doigt par un journal d'extrême-droite. "Il s'agit de propos calomnieux qui mettent en doute notre intégrité professionnelle. Elle,(la directrice ndlr) nous accusait par exemple devant les parents de refuser d'enseigner la lecture aux CP ou encore de promouvoir ce qu'elle appelait l'idéologie LGBT dans les classes", note le professeur.

Des accusations rejetées par le conseil de l'ancienne directrice : "Rien ne permet d'affirmer que ces propos sont tenus par ma cliente, dans cet article, c'est un témoignage anonyme".

Les six enseignants concernés par la mutation ont pu consulter leur dossier et contestent la décision de la direction académique. "Je n'ai trouvé aucun élément qui justifie que je sois muté de force", s'insurge le professeur.

Les personnels enseignants en grève depuis le 8 avril

Les parents d'élèves ont demandé à plusieurs reprises une rencontre avec la Direction des services départementaux de l'Éducation nationale de Seine-Saint-Denis, sans réponse positive à l'heure actuelle. "Nous soutenons totalement le corps enseignant, car nous savons qu'ils sont tous bienveillants envers nos enfants", explique Mounir Othman, parent d'élève.

Les parents affichent également leur soutien au mouvement de grève bien que celui-ci les force à une adaptation permanente. "Cela implique de trouver des solutions de garde pour les enfants tous les jours. Les mutations forcées créent aussi chez les enfants des situations d'angoisse, des pleurs et de l'incompréhension", constate le parent d'élève.

Les enseignants de l'école ont entamé un mouvement de grève le 8 avril dernier. Ils entendent poursuivre le mouvement après les vacances de printemps, dans le but d'obtenir l'annulation des mutations forcées.   

Maître Reisberg entend donner "une suite judiciaire appropriée" au harcèlement dont sa cliente se dit victime sur les réseaux sociaux.