Sa dictée en ligne rassemble des milliers de fans chaque semaine

Chaque lundi, des milliers de personnes se retrouvent à 10h pour faire une dictée récitée par l'écrivain Rachid Santaki. Avec une touche d'humour, il veut réconcilier les Français avec leur langue.
Des milliers de personnes participent aux dictées géantes chaque lundi.
Des milliers de personnes participent aux dictées géantes chaque lundi. © Rachid Santaki
Chaque semaine, ils sont plusieurs milliers à se rassembler devant leur ordinateur pour … faire une dictée. Ces afficionados de la langue française, et de ses pièges, viennent exercer leurs enfants ou se tester eux-mêmes. Certains n'en ont pas fait depuis l'école primaire et n'en gardent pas franchement un bon souvenir.

"Ce qui est important pour les gens qui sont traumatisés par l'orthographe, c'est le fait d'en parler, d'ouvrir cette boîte. Par exemple, j'explique toujours mon parcours. J'ai redoublé le CP, cela fait rire les gens. La dictée, c'est un jeu, cela a un côté ludique", raconte Rachid Santaki.

Eve, une Parisienne âgée de 30 ans, fait partie de ces personnes qui s'exercent à nouveau à la dictée. "Je repense à la signature de mon appartement, quand j'ai dû remplir trois chèques ... quelle ne fut pas ma frustration en découvrant que je ne savais simplement plus écrire correctement, et qu'écrire des chiffres me demandait un gros effort de réflexion !".

Plutôt que d'ouvrir "des cours de grammaire de français", la dictée est pour elle "un moyen facile et ludique de se replonger dans les méandres de notre belle langue française". 

Une dictée pour rassembler

L'auteur aime raconter que sa rencontre avec la dictée vient d'un malentendu. "Au départ, j'ai été invité à lire une dictée à Clichy-sous-Bois. Ensuite, j'en ai lu dans des collèges et les lycées dans les quartiers, puis j'ai décidé d'en sortir."

Prisons, stades : Rachid Santaki a depuis récité plus de 300 dictées dans des lieux plus ou moins insolites. Des textes qu'il emprunte au Petit Prince ou qu'il rédige lui-même, comme celui de ce lundi 27 avril. "Le vendredi, je ferme les yeux et j'imagine une scène. Et ensuite, j'écris le samedi et je relis le dimanche. Ce lundi, on voyage en Seine-Saint-Denis".

Magie des réseaux sociaux, cette dictée (bénévole), imaginée à l'origine pour un nombre restreint de personnes, touche de plus en plus de monde, et se poursuivra après le confinement.

"Je veux encourager les petits. Il n'y a pas de règles absurdes. La langue française est l'une des dix plus compliquées à maîtriser. La dictée permet de se souvenir de ces règles", pense-t-il.
 

Ma version de la dictée

Quant à moi, j'ai fait six fautes... Voici ma copie (à revoir).
© MT
 
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