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Saint-Ouen : expulsées d’un squat, des familles de migrants sud-américains campent devant la mairie

La police a expulsé 200 personnes installées dans un squat, et peu ont bénéficié d'une solution de relogement. / © IP3 PRESS/MAXPPP
La police a expulsé 200 personnes installées dans un squat, et peu ont bénéficié d'une solution de relogement. / © IP3 PRESS/MAXPPP

Des dizaines de migrants sud-américains ont installé leur tente depuis plus d’une semaine devant la mairie, après avoir été expulsés d'un entrepôt qui faisait office de squat. Depuis, peu ont bénéficié d'une solution de relogement.

Par France 3 Paris IDF

Devant la mairie de Saint-Ouen, on peut voir deux tentes, quelques bâches et des matelas posés sur le bitume. Environ 150 migrants vivent en effet depuis un peu plus d’une semaine à deux pas de l'hôtel de ville, en plein cœur de cette commune de Seine-Saint-Denis.

Parmi ces familles originaires d'Amérique du sud, on trouve 35 enfants, cinq femmes enceintes et des personnes âgées.

Des familles à la rue après avoir été expulsées d’anciens entrepôts possédés par la mairie

Tous ont été expulsés le mardi 30 juillet dernier par la police, d’anciens bureaux et entrepôts possédés par la Ville situés au 111-113 rue du Docteur Bauer. Le site, où est censé être bientôt construit un groupe scolaire, faisait office de squat depuis le mois de janvier.

Faute de mieux, les familles se sont donc installées sur le trottoir à l’ombre de la mairie. Elles tentent par ailleurs – en vain – d’entamer une discussion avec les autorités. L'Hôtel de ville est même fermé depuis quelques jours au public et aux journalistes – la mairie ayant par ailleurs refusé de donner suite à nos demandes d'interview, après avoir été sollicitée à plusieurs reprises.
 

« En aucun cas, le maire et sa majorité municipale ne peuvent être tenus pour responsables »

« Afin de tenir les délais de la réalisation du groupe scolaire prévu pour être livré en septembre 2022, la ville s’est vue contrainte de saisir le préfet pour obtenir le concours de la force publique pour libérer le bâtiment et ainsi enclencher les étapes de construction, a fini par expliquer la mairie jeudi par communiqué. En plus de prendre du retard dans l’exécution de travaux, il faut sécuriser, déménager les biens des occupants sans droit ni titre, les gardienner et mettre le bâtiment en sécurité. »

Et de poursuivre : « En aucun cas, le maire et sa majorité municipale ne peuvent être tenus pour responsables de la situation et de la présence de ces personnes sur le territoire français ainsi que dans un bâtiment désaffecté et voué à la démolition dans le seul but d’y construire un groupe scolaire. Si des solutions doivent être trouvées pour ces personnes, il appartient exclusivement à l’Etat d’y pourvoir. »
 

Des habitants ouvrent leurs portes aux migrants

« Au-delà de l’application d’une décision de justice, l’expulsion répondait à des impératifs de sécurité, justifie de son côté la préfecture. Le site présentait en effet des risques avérés d’incendie, aggravés par la présence de cuves d’hydrocarbures en sous-sol. Plusieurs incidents avaient déjà eu lieu cette année : un départ de feu le 6 février dernier, ayant nécessité l’intervention des pompiers en urgence, puis des anomalies détectées par ces derniers lors d’une intervention pour une fuite de gaz le 23 mai. En outre, de nombreuses parties des bâtiments comportaient de l’amiante. »

Face à la situation qui s'enlise, des habitants de Saint-Ouen ont pris le relais, en apportant entre autres de la nourriture aux migrants. Certains ont même ouvert leurs portes pour permettre aux familles de se doucher et de cuisiner. Vendredi soir, les habitants ont décidé d’organiser un rassemblement pour faire pression sur les représentants de l'Etat, toujours devant la mairie.
 

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