Seine-Saint-Denis : l’hôpital d'Aulnay réclame une « zone médicale prioritaire » face au manque de moyens

L'hôpital Robert-Ballanger, à Aulnay-sous-Bois (93) (illustration : image 2011). / © PHOTOPQR/LE PARISIEN
L'hôpital Robert-Ballanger, à Aulnay-sous-Bois (93) (illustration : image 2011). / © PHOTOPQR/LE PARISIEN

80 médecins de l'hôpital d'Aulnay-sous-Bois demandent la création d'une « zone médicale prioritaire » auprès de l’ARS. Ils dénoncent une situation inquiétante, entre rupture de stock de médicaments et manque de personnels aux urgences.

Par France 3 Paris IDF / AFP

Le courrier, envoyé à l'Agence régionale de santé, date du 14 juillet. 80 médecins de l'hôpital Robert-Ballanger d'Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, réclament en effet dans une lettre la création d'une « zone médicale prioritaire ».

Chefs de service, praticiens, assistants… Ces professionnels cherchent ainsi à tirer la sonnette d’alarme, face une situation qu’ils jugent « très inquiétante ». Le texte dénonce entre autres le manque d'effectifs en psychiatrie, les ruptures de stock de la pharmacie et les pannes de scanner et d'IRM.

Des difficultés qui « mettent en péril les malades »

Une précarité qui implique de nombreux risques du côté des patients de l’établissement, d’après la lettre : « Ces difficultés ne font que s'aggraver depuis quelques années, de plus en plus rapidement depuis quelques mois, démotivent les équipes médicales et paramédicales, et mettent en péril les malades ». « Nous avons bien compris que notre hôpital est déficitaire, mais il est devenu urgent d'investir pour repartir sur de bonnes bases », complète le courrier.

« Les médicaments sont payés avec un grand délai, explique par exemple Bernadette Coret-Houbart, cheffe du service de pharmacie à l'hôpital Robert-Ballanger. Nos fournisseurs bloquent nos commandes. Et quand ils ne veulent pas nous livrer, on va acheter ailleurs à des prix non négociés. » Une situation qui frise parfois l’absurde, comme le décrit Guy Bellaïche, le chef du service de gastro-entérologie : « Parfois, on ne sait pas si on va avoir une cartouche d'encre pour imprimer nos ordonnances, du désinfectant pour laver nos endoscopes. »

La Seine-Saint-Denis, premier désert médical de France

A noter qu’en nombre de médecins rapporté à la population, la Seine-Saint-Denis, où se situe l’établissement, est le premier désert médical de France. « Au vu de la précarité de la population que nous prenons en charge en Seine-Saint-Denis, et à l'aube du Grand Paris, avec un accroissement démographique prévu comme considérable, ne faudrait-il pas considérer nos hôpitaux du 93 comme situés en zone médicale prioritaire afin de leur accorder des moyens financiers supplémentaires pour sortir de ce cercle vicieux », propose ainsi le courrier envoyer à l’ARS.

L’agence, de son côté, explique avoir « pris connaissance » de la lettre. Elle devrait recevoir des « représentants de la communauté médicale de l'hôpital » début septembre. Toujours selon l’ARS, l'hôpital Robert-Ballanger « a bénéficié de 30,7 millions d'euros d'aides » depuis 2016, ce qui en ferait « l'établissement le plus aidé de la région ».
 

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