Seine-Saint-Denis : une enquête confiée à l’IGPN après une interpellation violente à Sevran

La vidéo a été prise lors de « l'interpellation, pour outrage, d'un individu » à Sevran, d’après la PP (illustration). / © PHOTOPQR/L'ALSACE/MAXPPP
La vidéo a été prise lors de « l'interpellation, pour outrage, d'un individu » à Sevran, d’après la PP (illustration). / © PHOTOPQR/L'ALSACE/MAXPPP

Une enquête judiciaire a été confiée à l'Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN), après la plainte d’un homme interpellé violemment mercredi à Sevran. Une vidéo, largement diffusée sur les réseaux sociaux, montre un policier en train de frapper l’individu.

Par France 3 paris IDF / AFP

Les images controversées ont fait le tour des réseaux sociaux avant l’annonce de la préfecture de police. Une enquête judiciaire - ouverte vendredi par le parquet pour violences par personne dépositaire de l'autorité publique - a été confiée à l'Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN), après la diffusion d'une vidéo dans laquelle on voit un policier se battre avec un homme lors d'une interpellation à Sevran, en Seine-Saint-Denis.
Les faits remontent à mercredi, « à 18h25 » d’après la PP, « lorsqu'un équipage de la circonscription de sécurité de proximité d'Aulnay-sous-Bois a procédé à l'interpellation, pour outrage, d'un individu », avenue Youri Gagarine.

Tentative de plaquage au sol et coups de poing

Sur la vidéo, on voit un échange verbal entre le fonctionnaire et un jeune homme, qui travaille comme médiateur à Sevran, avant que le fonctionnaire se jette dans les jambes de l'individu pour tenter de le plaquer au sol. Le policier, repoussé, revient ensuite à la charge en assénant des coups de poing, auxquels l'homme interpellé répond aussi par des coups de poing.
Ce dernier est enfin interpellé, après l'intervention d'un collègue du fonctionnaire qui fait usage d'un pistolet à impulsion électrique de type taser. Sa garde à vue a été levée mercredi soir pour des raisons médicales, et l’homme a été hospitalisé. Les images ne permettant d'observer qu'une partie de la scène, reste bien entendu à en déterminer plus précisément les circonstances.

D’après une source policière, ce sont des propos lancés par le médiateur qui auraient entraîné la bagarre et l'interpellation. Ce dernier aurait lancé à un homme qui s'adressait au policier : « Ne parle pas à cette salope ».

Des policiers réunis contre la suspension du fonctionnaire

« Afin d'établir les circonstances exactes de cette interpellation, le préfet de Police Didier Lallement a demandé la saisine administrative de l'Inspection Générale de la Police Nationale et ordonné la suspension immédiate du fonctionnaire de police », avait annoncé jeudi la préfecture de police dans un communiqué, publié sur Twitter suite à la diffusion de la vidéo.

Face à l’annonce, une quinzaine de policiers avaient par la suite organisé un rassemblement jeudi soir devant le commissariat d'Aulnay-sous-Bois. Ils estimaient « injustifiée » la suspension du fonctionnaire, d’après Grégory Goupil, secrétaire régional du syndicat Alliance 93. Selon lui, les policiers étaient entre 70 et 90.
« Il s'agit, une fois encore, d'une décision scandaleuse et qui démontre l'absence de soutien de l'administration à l'égard de ses fonctionnaires », avait par ailleurs réagi Unité SGP Police 93.

Une « décision incompréhensible » d’après le syndicat Alliance

A noter que le 2 octobre prochain, une « marche de la colère » est annoncée à Paris, à l'appel de l'ensemble des syndicats policiers. Sur fond de vague de suicides, les fonctionnaires cherchent à mettre la pression sur l'exécutif, à l’approche entre autres de la réforme des retraites et de la loi de programmation.
Un événement auquel Frédéric Lagache, délégué général du syndicat Alliance, faisait référence jeudi soir en réagissant à la suspension, qualifiée alors de « décision incompréhensible » : « Avant de connaître les faits exacts l'administration agit sur pression de Twitter. Une nouvelle preuve de la déshumanisation du système policier qui amènera une réponse forte dans la rue le 2 octobre. »
 

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