Un bus incendié à Aulnay-sous-Bois : Transdev modifie les horaires et les itinéraires de certaines lignes

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Écrit par Marc Taubert avec AFP

Dans la nuit de dimanche à lundi, un groupe d'individus a forcé un chauffeur à descendre du bus qu'il conduisait à Aulnay-sous-Bois. Le véhicule a ensuite été incendié. Par mesure de précaution, Transdev, qui opère sur la ligne, a modifié certains de ses itinéraires.

Le principe de précaution existe aussi dans les transports en commun. La société Transdev a choisi de limiter et de dévier certaines lignes en raison d'un contexte particulièrement tendu. Une mesure rarissime.

"Notre objectif est de protéger les salariés. Jusqu'à demain soir, on dévie de toutes les zones sensibles à partir de 16h30 et on arrête le service à 20h. Il faut amener les gens au travail et les ramener, il faut une continuité du service public mais les événements sont suffisamment graves pour prendre des mesures exceptionnelles", explique Jérôme Garnier, directeur général de Transdev TRA.

Les lignes 605, 607, 609, 610, 613, 615, 616, 617, 618, 627 et 637 sont concernées par cette mesure.

Bus incendié

Dimanche, ce bus circulait à Aulnay-sous-Bois lorsqu'un groupe d'une cinquantaine de personnes s'en est pris au chauffeur. Ce dernier a fait descendre les quelques passagers et a dû laisser sa place. Le véhicule a ensuite été amené à la cité des 3 000 puis incendié.

Le dirigeant, Jérôme Garnier, à la tête du site de Villepinte (400 chauffeurs qui desservent le département) affirme ne jamais avoir assisté à de tels actes : "On dessert des quartiers sensibles, on a baissé de 30% tous les actes d'agressions en trois ans. Nous avons fait un gros travail avec les associations, on a un bus dédié à cela pour expliquer notre rôle de service public, l'utilité pour eux et leurs familles. On n'avait jamais vu ça".

Le bus appartient à Île-de-France Mobilités (l'autorité des transports dans la région) et était affrété par Transdev. Son coût avoisine les 300 000 euros.

Un homme abattu par la police à Sevran

Ces événements font suite à la mort samedi de Jean-Paul dit "JP", un habitant du quartier des Beaudottes à Sevran et père de quatre enfants.

Vers 12h30, un équipage de la brigade anti-criminalité (BAC) d'Aulnay-sous-Bois avait été requis pour pister une fourgonnette signalée volée et tenter de procéder au contrôle du chauffeur, arrêté à un feu rouge.

"Un policier s'est porté à la hauteur de la vitre du conducteur et, dans des circonstances qui restent à déterminer précisément, a fait usage de son arme - un seul coup de feu - au moment où la camionnette redémarrait brusquement", a retracé Éric Mathais, le procureur de la République de Bobigny, dans un communiqué publié dimanche.

Grièvement blessé à l'omoplate gauche, selon une source policière, il est décédé en fin d'après-midi à l'hôpital des suites de ses blessures.

D'après le récit de certains habitants, "JP" avait subtilisé le véhicule de son employeur, prestataire pour une plateforme logistique de livraison de colis, mécontent d'un salaire non-versé.