Syndicaliste matraquée par un policier: le parquet de Paris ouvre une enquête

Des milliers de personnes défilent lors de la manifestation du 9 janvier à l'appel d'une intersyndicale menée par la CGT et FO. / © LD - France 3 Paris Ile-de-France
Des milliers de personnes défilent lors de la manifestation du 9 janvier à l'appel d'une intersyndicale menée par la CGT et FO. / © LD - France 3 Paris Ile-de-France

Le parquet de Paris ouvre une enquête sur les coups de matraque portés par un policier contre une conductrice de la RATP. La manifestante a été frappée alors qu'elle souhaitait ramasser son téléphone lors de la manifestation sur les retraites vendredi 9 janvier.
 

Par EH/AFP

Cette enquête préliminaire, confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), a été ouverte pour "violences volontaires avec arme par personne dépositaire de l'autorité publique ayant entraîné une incapacité inférieure à huit jours", a précisé le parquet.

Elle fait suite à une plainte déposée vendredi par cette manifestante, conductrice à la RATP et militante du syndicat Unsa qui accuse la police, vidéo à l'appui, de l'avoir violemment frappée lors de ce rassemblement contre la réforme des retraites.
 

Dans cette vidéo, tournée à proximité de la gare Saint-Lazare et largement relayée sur les réseaux sociaux, on voit un policier lui asséner plusieurs coups de matraque télescopique, notamment au niveau du visage, alors qu'elle cherche à ramasser son téléphone portable tombé à terre.
 "J'ai vu un policier qui avait de la haine dans les yeux", a assuré sur RTL cette mère de famille, victime d'un traumatisme crânien et de multiples hématomes.

La police sous le feu d'accusations de violence 

Le parquet de Paris avait déjà ouvert une enquête vendredi après la diffusion d'une vidéo montrant un policier tirant à bout portant sur des manifestants avec un LBD lors de cette même manifestation, marquée par de nombreuses échauffourées entre manifestants et forces de l'ordre.

Lundi, une autre plainte a été déposée pour des violences policières là aussi filmées, lors de ce rassemblement. Dans la vidéo, on voit la victime recevoir de multiples coups de poing alors qu'elle s'était retrouvée au sol en tentant de venir en aide à une femme traînée sur la chaussée par des policiers. Le plaignant "ne connaissait pas cette femme mais il a voulu la secourir, parce qu'elle criait et avait l'air de se sentir mal", a expliqué à l'AFP son avocate, Camille Vannier. Placé en garde à vue, il a été remis en liberté samedi sans qu'aucune charge soit retenue contre lui.

Lors de ses voeux à la police nationale, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a rappelé lundi lors de ses voeux à la police à l'école nationale supérieure des officiers de police (Ensop) de Cannes-Ecluse en Seine-et-Marne. Il a rappelé que les forces de l'ordre au devoir d'"exemplarité", après une nouvelle vague d'accusations de violences policières. 

L'usage juste et proportionné de la force est ce qui sépare la démocratie de l'arbitraire, ce qui distingue l'ordre et la brutalité, c'est le fondement, aussi, de notre confiance avec les Français a fait valoir le ministre de l'Intérieur. C'est l'honneur de la police qui est en jeu, on ne fait pas de croche-pied à l'éthique, sauf à s'abaisser, à abaisser la police", a complété le ministre, une référence explicite à une vidéo montrant un policier faisant un croche-pied à une manifestante à Toulouse.

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