Transports : Île-de-France Mobilités demande 1,3 milliards d’euros à l’État

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Écrit par Elie Saïkali avec AFP

IDFM anticipe pour l'année en cours des pertes de l'ordre de 1,3 milliard d'euros correspondant au recul des recettes tarifaires et à celui des versements mobilité, la taxe payée par les entreprises.

Île-de-France mobilités (IDFM) – l’autorité organisatrice des transports franciliens présidée par Valérie Pécresse – lance un appel à l’aide. Elle a demandé ce mardi un coup de pouce à l’État de 1,3 milliards d’euros de subvention afin de compenser les pertes liées à la pandémie de Covid-19 anticipées pour 2021. Les transports franciliens n’ont toujours pas retrouvé leur niveau de fréquentation d’avant la crise.

Le Conseil d'administration d'IDFM "interpelle" l'État afin qu'il "prévoie au plus vite d'indemniser sous forme de subvention non remboursable Ile-de-France Mobilités, à hauteur de l'ensemble des pertes de recettes constatées en 2021", souligne-t-il dans un communiqué. IDFM s'appuie sur "la clause de revoyure" contenue dans le protocole signé avec l'État en septembre 2020, qui prévoit une "réévaluation de la situation en cas de nouvelles pertes de ressources imputables à la situation sanitaire".

Un soutien "urgent"

Or, IDFM anticipe pour l'année en cours des pertes de l'ordre de 1,3 milliard d'euros correspondant, pour environ un milliard, au recul des recettes tarifaires et pour environ 300 millions d'euros à celui des versements mobilité, la taxe payée par les entreprises. Le tout dans l'hypothèse d'une fin d'année sans nouveau confinement.

"Le soutien des transports en commun en Île-de-France est urgent et participe à la relance de l'économie tant francilienne que nationale", souligne IDFM pour qui "l'État a apporté son soutien en 2020 à moins de 10% sous forme de subvention".  "L'année 2021 a été pratiquement aussi dure que l'année 2020. On ne s'y attendait pas. C'est pour ça que nous redemandons cette année 1,3 milliards d’euros de plan de renflouement à l'État", a expliqué Valérie Pécresse interrogée par France 3 Paris Île-de-France, ajoutant que les "toutes les autres grandes capitales ont eu ce plan de renflouement". "Ce serait, à mon avis, une faute de l’État de surendetter Île-de-France Mobilités à un moment où on veut faire la transition énergétique et rendre écologique nos transports. J’ai des milliards d’euros d’investissement qui d’ailleurs sont lancés pour le prochain mandat", a poursuivi la présidente de la Région.  

IDFM avait obtenu de l'État 1,45 milliard d'euros d'avance remboursable et 150 millions de subventions pour les pertes de 2020.

Un coût annuel de plus de 10,5 milliards d'euros

Début juin, Valérie Pécresse, alors candidate à sa réélection à la tête de l'Ile-de-France, avait déjà demandé à l'État de "compenser 100% de ces pertes" d'IDFM causées par la crise sanitaire, estimant que ce n'était pas "aux voyageurs de payer l'addition de la crise Covid en 2021". Au même moment, l'Assemblée nationale avait rejeté un amendement au projet de budget rectificatif pour 2021 allant dans ce sens, porté par les députés LR Robin Reda et Gilles Carrez.

Selon IDFM, le fonctionnement de son réseau coûte plus de 10,5 milliards d'euros chaque année, financé par les collectivités locales (région, départements, Ville de Paris), les employeurs via le versement transport et la prise en charge de la moitié du coût de transport de leurs employés, et la vente des titres de transport.