Une saison compliquée pour les maraîchers après un été pluvieux

Cet été, les conditions climatiques particulièrement humides et pluvieuses n’ont pas facilité le travail des maraîchers franciliens. Dans les Yvelines et le Val-d'Oise, certains accusent de grosses pertes par rapport aux années précédentes.

Les mauvaises conditions climatiques durant l’été ainsi que les gels printaniers en Île-de-France ont rendu la tâche des maraîchers particulièrement ardue. Pour bon nombre d’entre eux, le bilan des récoltes estivales est mauvais car en deça des rendements habituelles. C’est le cas d’Antoine Thirouin, producteur de fruits et co-gérant de la cueillette de la Croix Verte à Attainville dans le Val-d'Oise. "Ce temps maussade dure depuis début mai et a un impact très négatif sur l’activité de la cueillette, affirme t-il. Les gens ne viennent pas et les récoltes ne sont pas bonnes." 

Un constat que l’agriculteur dresse sur l’ensemble de son exploitation. "Pas une seule de mes pêches n’a échappée au gel printanier, cet été, je risque de terminer avec zéro récolte", confie le producteur. Des pêches, ce maraîcher en attendait 4 tonnes cet été mais les fortes gelées d’avril ont décimé sa récolte. 

Pour ses fraises, c’est le manque de soleil qui est responsable de la pauvreté du rendement estival. "D’habitude on est en pleine période des fraises mais cette année elles représenteront une perte à venir pour l’exploitation." Le climat capricieux a également causé un retard de murissement pour ses tomates tandis que ses melons ont souffert des fortes pluies. En tout, l’agriculteur enregistre 3 à 4 tonnes de pertes pour les melons. 

« On doit constamment s’adapter aux conditions climatiques »

Les éléments climatiques n'ont pas pour seule conséquences une baisse de la poussée des fruits et des légumes, la météo entraînent aussi des maladies. C'est le cas du mildiou, un champignon nocif pour les cultures et qui se développe particulièrement par temps pluvieux et doux.

Chez Jean-Claude Guehennec, maraîcher dans les Yvelines, cette maladie a impacté ses pommes de terre. En plus de devoir veiller à ce que le champignon ne se répande pas, le président des producteurs de fruits et légumes d’Île-de-France admet garder un œil sur les changements climatiques pour faciliter la planification de sa semaine de travail. 

 "On s’adapte, on s’organise en fonction du temps. Par exemple, s’il y a un orage, on ne peut plus planter ni récolter, les changements météo nous forcent à nous adapter d’heure en heure", explique l’agriculteur. Quant à tirer un bilan de la période, il reste prudent et estime que le bilan d’une saison se fait sur le long-terme en ajoutant que "le mois de septembre devrait nous aider à y voir plus clair, mais il est encore trop tôt pour tirer des conclusions."                              

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