Vaccin anti-covid : toutes les étapes

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Écrit par Elie Saïkali .

Notre rédaction vous explique le voyage parcouru par les vaccins, de leur fabrication jusqu'à leur administration à des patients, en passant par toute l'organisation mise en place avant et après la vaccination. 

La campagne de vaccination contre la Covid-19 a commencé il y a une dizaine de jours. Dans cette première phase, destinée à durer jusqu'en février, seuls les personnes résidant en Ehpad ainsi que les professionnels soignants qui y travaillent, sont concernés.

Mais du fait de nombreuses critiques vis-à-vis de sa lenteur, par rapport à nos voisins européens, l’exécutif a décidé de mettre un coup d’accélérateur depuis le début de la semaine. Dorénavant, les professionnels de santé de plus de 50 ans, ou ceux ayant des comorbidités, peuvent recevoir leur première dose de vaccin. Eux seuls peuvent, pour l'instant, l’obtenir dans l’un des 9 centres de vaccination ouverts en Île-de-France. Il y en a un par département, à l'exception des Hauts-de-Seine qui en comptent deux. Les plus de 75 ans pourront, quant à eux, être vaccinés dès la fin du mois.

De fait la vaccination repose sur toute une logistique et une organisation minutieuse, élaborée par le ministère de la Santé, de la fabrication du vaccin jusqu’à son administration, en passant par son transport dans des véhicules spéciaux. On vous explique comment elle fonctionne.

Quels acteurs ? 

C’est Santé publique France, placée sous l’autorité du ministère, qui assure le pilotage de la logistique. Cela concerne aussi bien la réception des vaccins que leur stockage, leur distribution, mais aussi la traçabilité des doses. L’institution est elle-même en lien avec les Agences régionales de santé (ARS), dont la mission est "d’organiser la campagne de vaccination au niveau régional, d’accompagner les acteurs de la vaccination et de veiller à la fluidité de toute la chaîne de distribution depuis le stockage des vaccins jusqu’à la vaccination des patients, dans le respect des règles de conservation du premier vaccin disponible en France", nous confie l’ARS d'Île-de-France.

Jusqu'à présent, si un établissement souhaite se procurer des doses de vaccins, c’est à l’ARS de sa région qu’il doit s’adresser. S'il est retenu, il est décrété "pilote". En d’autres termes, il sert d' "éclaireur", et aura des doses de vaccin avant les autres. Cette notion pourrait toutefois devenir obsolète en raison de l’accélération de la campagne de vaccination.

Comment les établissements sont-ils ravitaillés en vaccins ?

Pour organiser au mieux la distribution des vaccins, les ARS ont créé deux "flux". Les flux A et B. Le premier représente des établissements privés ou associatifs. Le second regroupe de son côté des établissements publics, rattachés à des centres hospitaliers. Il y a par conséquent deux circuits de livraison, partant tous les deux depuis la Belgique – et plus précisément la ville de Puurs – où se trouve l’usine de production des vaccins.

Pour le flux A, on utilise le système de livraison des médicaments dans les pharmacies. Les vaccins sont délivrés depuis l’usine de production dans des plateformes nationales de stockages capables de les maintenir à -80°C – qui est la température à laquelle le vaccin doit absolument être conservé pour rester efficace. Ces plateformes nationales livrent ensuite aux pharmacies de villes, qui elles-mêmes délivrent, via des camionnettes réfrigérées, les Ehpad non hospitaliers avoisinant. Si un Ehpad possède une pharmacie interne, les plateformes les livrent directement. Dans le cas de l'Île-de-france, la plateforme nationale est située en Seine-et-Marne.

Pour le flux B, les vaccins sont transportés dans des véhicules réfrigérés à -80°C jusque dans les neufs établissements de santé congélo-porteurs d'Île-de-France, qui disposent de congélateurs pouvant les conserver à cette température. Il y en a un par département. Les établissements hospitaliers fournissent ensuite les vaccins aux Ehpad qui leur sont adossées ainsi qu'à tous les autrs établissements privés ou publics.

Dans les deux cas, l’ARS informe chaque Ehpad du jour où des doses de vaccins lui seront livrées.

Quelle organisation pré-vaccinale ? 

Il y a toute une organisation, dans les Ehpad, en amont de la vaccination. L’un des critères déterminants réside dans le respect impératif de la température de conservation du vaccin : -80°C. Si la chaîne du froid est brisée, alors le vaccin devient inutilisable. Vous n’avez plus qu’à le jeter. Il faut donc être le plus précis et organisé possible. "Pour un Ehpad de flux A, dès que le vaccin arrive à la pharmacie, il doit être utilisé dans les 5 jours pour conserver son efficacité. Avec une fiole de vaccin, on peut vacciner 5 personnes, et il faut une heure pour faire une vaccination (…) cela implique une grande organisation en amont", détaille le groupe Korian – entreprise spécialisée dans la prise en charge des personnes âgées en établissement et à domicile.

Durant toute la période qui précède la vaccination, les Ehpad mettent également en place une campagne d’information vis-à-vis de leurs résidents visant à mieux leur faire connaître le vaccin, ses bienfaits et ses risques. "Il y a des outils d’information sur la vaccination auprès des résidents et des familles. Cette information se doit d’être "loyale, éclairée et sincère", indique de son côté le Dr Emmanuelle Deschamps, directrice médicale du groupe SOS Senior, interrogé par France 3 Paris Ile-de-France. "Il y a des visites pré-vaccinales au cours desquelles on cherche des contrindications à la vaccination (comme des allergies) et on recueille ensuite le consentement des résidents, mais sans jamais les bousculer. On leur accorde un délai si nécessaire", précise-t-elle. Le consentement n’est toutefois pas définitif. Le ou la résident(e) peut revenir dessus à tout moment.

La notion de consentement est différente selon les personnes. "Dans le cas d’une personne âgée qui a toute sa tête, si elle accepte de se faire vacciner, alors c’est clair et net. Dans le cas contraire, il faut demander à la famille ou aux proches. Pour ceux qui n’ont pas de famille mais des tuteurs et des curateurs, il faut leur autorisation. Et s’ils n’en ont pas, il faut l’autorisation d'un médecin entouré de la direction de l’Ehpad et/ou d’autres professionnels de santé", ajoute le groupe Korian.

Il n’est pas nécessaire de remplir un document écrit comme c’était le cas jusqu’à très récemment. Un consentement oral peut suffire du moment qu’il est "clair, sincère et spontané". Mais cela demande du temps. Un entretien individuel avec chaque famille peut être nécessaire. Le médecin inscrit ensuite que tel ou tel résident a donné son consentement dans son dossier médical.

Quelle organisation le Jour J et après la vaccination ?

Le jour J, les résidents qui s’apprêtent à recevoir leur dose sont, une nouvelle fois, examinés par un médecin qui doit valider leur aptitude à recevoir le vaccin. Une fois la vaccination terminée, "il y a une surveillance pendant 15 minutes durant lesquelles le résident ne quitte pas la salle de vaccination (…) il bénéficie ensuite d’un suivi rapproché pendant les 24 heures qui suivent la vaccination par des infirmiers", signale Mme Deschamps. "Toutes les informations concernant la pré-vaccination, le consentement et autres sont à saisir dans le système d’informations ‘Vaccin Covid’ du ministère de la Santé, qui pour l’instant n’est pas ouvert", poursuit-elle.

Ces renseignements permettent d’avoir un suivi détaillé sur un patient. Avoir des moyens d’agir rapidement en cas d’effet secondaires à moyen ou long terme, mais aussi de savoir quel vaccin a été administré à quel patient.

Il y a en effet deux doses à injecter pour être "totalement" vacciné et avoir une réponse immunitaire appropriée. Une ne suffit pas. La seconde est à administrer trois semaines après la première.

 

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