L'aéroport de Roissy n'aura pas de terminal 4

La construction d'un terminal 4 à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle a été jugée "obsolète" par le gouvernement. Il devait augmenter de 40 millions de passagers par an les capacités de l'aéroport à partir de 2037.

L'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle a vu son activité fortement baisser en raison de la crise sanitaire.
L'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle a vu son activité fortement baisser en raison de la crise sanitaire. © ERIC PIERMONT / AFP

La crise de la Covid conjuguée à celle du climat aura eu raison de ce projet estimé à près de 9 milliards d'euros. L'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle n'aura pas son terminal 4 dont la construction était prévue pour 2037 et devait augmenter les capacités du lieu de 40 millions de passagers par an.

Le gouvernement a demandé au gestionnaire des aéroports de Paris, Groupe ADP, dont l'État est l'actionnaire majoritaire, "d'abandonner son projet et de lui en présenter un nouveau, plus cohérent avec ses objectifs de lutte contre le changement climatique et de protection de l'environnement", a déclaré la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, dans un entretien au journal Le Monde.

"C'est un projet obsolète, qui ne correspondait plus à la politique environnementale du gouvernement et aux exigences d'un secteur en pleine mutation, tourné vers l'avion vert de demain", a-t-elle estimée.

Un autre projet "pas centré sur l'accroissement des capacités de Roissy"

"Le Groupe ADP prend acte de cette demande qui est l'une des conséquences de la crise du Covid-19", a indiqué le gestionnaire. L'entreprise "engage un temps de réflexion sur les enjeux d'avenir de l'aéroport", selon son PDG Augustin de Romanet.

Avant la crise sanitaire, l'aéroport parisien était le deuxième européen derrière celui de Londres-Heathrow. Selon le quotidien, le gouvernement a demandé au Groupe ADP de proposer un autre projet "qui ne sera pas centré sur l'accroissement des capacités de Roissy".

Cette annonce intervient au lendemain de la présentation par le gouvernement de son projet de loi issu des propositions de la Convention citoyenne pour le climat, un texte vivement critiqué pour son "manque de muscle" par une partie de la gauche et des ONG.


La ligne 17 en sursis

Le projet du nouveau terminal "T4" avait déjà subi un revers en juillet 2020 lorsque l'Autorité environnementale avait constaté que "l'équation à résoudre" entre l'augmentation des vols, de la circulation routière et le respect des objectifs internationaux de la France en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre n'était "pas décrite ni posée de manière complète". De plus, en janvier 2020, 62 maires d'Ile-de-France avaient pris position contre l'extension de Roissy.

Les élus du Groupe alternative écologiste et sociale de la Région, tout en disant rester "vigilant(s)", ont estimé que l'abandon du projet actuel constituait "une victoire écologiste pour l'Ile-de-France. Il aura fallu une pandémie pour faire tomber un projet qui n'a pourtant jamais été soutenable, ni compatible avec les engagements de la France sur le climat".

Par ailleurs, cette décision met la ligne 17 du futur métro du Grand Paris en sursis alors qu'une station devait précisément desservir ce terminal 4. Prévue pour entrer en service 2030, la ligne doit relier Saint-Denis au Mesnil-Amelot. Dans un courrier envoyé au Premier ministre ce jeudi, une association d'usagers, la Fnaut, demandait le gel des travaux de la ligne suite à l'abandon du mégaprojet EuropaCity qui remet en cause la construction d'une autre station de la ligne : celle du Triangle de Gonesse.

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