Cinq adolescents mis en examen pour violences sur des garçons de 12 ans dans le Val-de-Marne

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Écrit par MT avec AFP

Ils sont soupçonnés d'avoir tiré au Taser et au plomb sur des garçons de 12 ans auxquels ils auraient voulu donner une leçon après s'être fait humilier par une bande rivale.

Les faits reprochés découlent d'une rivalité entre bandes de jeunes à Créteil, une commune située à 12 kilomètres au sud-est de Paris, rapporte une source proche de l'enquête. Cependant, les violences reprochées ne se sont pas déroulées entre quartiers rivaux mais entre mineurs d'un même quartier.

"Au sein d'une même bande, les plus grands ont trouvé que les plus jeunes n'avaient pas été assez forts" face à un quartier rival, et ont "décidé d'endurcir les plus jeunes par la violence", a expliqué cette source.

Tous ont été mis en examen pour violences aggravées ou complicités de violences aggravées. L'un a aussi été mis en examen pour tentative de meurtre, a indiqué le parquet de Créteil. Deux d'entre eux ont été placés en détention provisoire. Les trois autres, sous contrôle judiciaire, ont notamment interdiction de se rendre à Créteil.

Humiliations et pressions

Fin février, des jeunes du quartier des Bleuets poussent des garçons de 12 ans, qui habitent dans le quartier "rival" de l'Echat, à "baisser leur pantalon" et à "chanter des insultes" sur leur propre quartier. Filmée, leur "humiliation" est diffusée sur le réseau social Snapchat.

En réaction, des adolescents du quartier de l'Echat auraient décidé "d'exercer à la violence" ces garçons de 12 ans, jugés trop faibles face aux Bleuets. Ils leur auraient alors fait faire des pompes, se déshabiller, les auraient blessés par des tirs de Taser et pistolet à plomb, selon la source proche de l'enquête. Le tout une nouvelle fois filmé.

L'enquête, confiée à la Sûreté territoriale du Val-de-Marne, fait suite à la plainte d'un des deux enfants. Selon une source policière, ces deux garçons "très fortement violentés" subissent "encore des pressions" de la part d'autres adolescents de leur quartier. "L'un d'eux a même dû déménager en province en urgence", a indiqué cette source à l'AFP.

Sur les cinq jeunes mis en examen samedi, et auparavant pas "spécialement" connus des services de police, quatre ont 16 ans, un a 17 ans.

Le début de l'année 2021 a été marqué par plusieurs violentes bagarres entre jeunes, avec le passage à tabac du jeune Yuriy à Paris en janvier, puis la mort de deux adolescents lors de deux rixes dans l'Essonne en février.