"KohLantess" à la prison de Fresnes : la contrôleuse des lieux de privation de liberté répond à la polémique

Publié le Mis à jour le
Écrit par Elie Saïkali .

Ce concours organisé fin juillet dans l'une des plus grandes prisons de France entre des détenus, des surveillants et des habitants de la cité a provoqué de vives réactions, émanant notamment du monde politique.

C’est une affaire qui fait couler beaucoup d’encre. Celle de la compétition "KohLantess". Les images de ce concours organisé le 27 juillet dernier dans la prison de Fresnes (Val-de-Marne) entre des détenus, des surveillants et des habitants de la cité ont fait le tour des réseaux sociaux.

Cette compétition consistait en des épreuves sportives inspirées du jeu télévisé "Koh-Lanta" : tir à la corde, bombe à eau ou encore karting. La vidéo de l'émission a été diffusée sur YouTube.

Depuis, les critiques fusent, notamment de la part de certains élus de droite et d'extrême-droite. Le Garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti a demandé l'ouverture d'une enquête administrative. "Après les images choquantes de la prison de Fresnes, j’ai immédiatement ordonné une enquête pour que toute la lumière soit faite. La lutte contre la récidive passe par la réinsertion mais certainement pas par le karting !", a écrit le ministre de la Justice sur Twitter.

"Surpeuplé à 144-150%"

Contactée par France 3 Paris Île-de-France, la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, s’est exprimée suite à cette polémique. Elle fustige notamment l’état de la prison. "Cet établissement (la prison de Fresnes, ndlr) est surpeuplé à 144-150%. Les détenus sont toujours deux par cellule. Celles-ci sont minuscules. Beaucoup sont trois par cellule. Il y a des matelas au sol. Il y a des rats dans la cour, des punaises de lit et des cafards dans les cellules".

Elle ajoute : "Les gens qui dorment par terre sont obligés de se mettre du papier toilette dans les narines pour ne pas respirer les petits cafards en même temps que la poussière quand ils dorment. Les détenus ont trois douches par semaine, même pendant la canicule. Ce sont des conditions de détention infectes pour les détenus, et des conditions de travail horribles pour les surveillants. Le véritable scandale, à Fresnes, c'est ça".

Expliquant avoir regardé "deux fois" la vidéo de "KohLantess", Dominique Simonnot indique l’avoir trouvé "bon enfant. J’ai trouvé que ça rapprochait les détenus et les surveillants. Ils rigolaient ensemble. Et ils s’amusaient en plus pour une bonne cause qui était trois associations caritatives. Ils ont remporté de l’argent grâce à des dons". "Cette journée n’a rien coûté aux impôts français. Je le rappelle : c’est la production qui a tout réglé", dit Dominique Simonnot. 

"Rien coûté"

La Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté semble réagir aux propos tenus par des personnalités politiques, comme par exemple Damien Rieu (ancien candidat Reconquête aux législatives de 2022), ou encore la vice-présidente (RN) de l’Assemblée nationale Hélène Laporte, comme quoi ce concours aurait été financé par le contribuable.

Pour Dominique Simonnot, cette polémique "n’a pas lieu d’être". "Que des ministres se croient obligés de répondre, je trouve ça regrettable", indique-t-elle, estimant trouver "dommage que la politique pénale se définisse sur Twitter".

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